Au Venezuela, l’opposant Guaidó refuse un «faux dialogue» avec Maduro

Juan Guaidó a appelé les Vénézuéliens à poursuivre la mobilisation dans la rue pour réclamer le départ de Nicolás Maduro.
Photo: Frederico Parra Agence France-Presse Juan Guaidó a appelé les Vénézuéliens à poursuivre la mobilisation dans la rue pour réclamer le départ de Nicolás Maduro.

Le chef de l’État vénézuélien, Nicolás Maduro, s’est dit prêt vendredi à rencontrer le « président » autoproclamé Juan Guaidó, une offre rejetée par l’opposant, qui a appelé les Vénézuéliens à poursuivre la mobilisation dans la rue pour réclamer le départ du dirigeant socialiste.

Pour sa première apparition publique depuis son autoproclamation comme « président en exercice », le jeune chef du Parlement a maintenu la pression contre le régime, appelant à une nouvelle « grande mobilisation » des opposants la semaine prochaine.

« Ceux qui croient que nous nous sommes dégonflés vont être frustrés, car il y a des gens dans la rue pour un moment, jusqu’à ce que cesse l’usurpation et qu’il y ait un gouvernement de transition et des élections libres », a déclaré Juan Guaidó devant des centaines de partisans sur une place de Chacao, un quartier de l’est de Caracas. La date exacte du rassemblement devrait être connue dimanche.

Au même moment, le président en place, Nicolás Maduro, s’est dit prêt, en conférence de presse, à rencontrer l’opposant de 35 ans pour engager un « dialogue national ». « Personnellement, si je dois aller voir ce garçon […] j’y vais », a-t-il lancé.

Une proposition sèchement rejetée par M. Guaidó. Ce dernier a affirmé qu’il ne participerait à aucun « faux dialogue » avec le gouvernement.

« La répression, quand elle ne donne pas de résultat, se transforme en un faux dialogue », a déclaré l’opposant, qui a passé les deux derniers jours dans un endroit tenu secret à Caracas.

Peu avant, le Mexique, un des rares pays d’Amérique latine n’ayant pas reconnu Juan Guaidó, a proposé d’accueillir les deux protagonistes de la crise pour entamer des discussions. « Si les parties le demandent, nous sommes les mieux placés pour les aider afin qu’il y ait un dialogue », a déclaré le président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador.

Atmosphère inflammable

Mercredi, des dizaines de milliers d’opposants étaient descendus dans la rue pour réclamer la mise en place d’un gouvernement de transition et l’organisation d’élections libres.

Ces mouvements de protestation contre le régime ont fait 26 morts en quatre jours, selon l’ONG Observatorio Venezolano de Conflictividad Social.

Et plus de 350 personnes ont été arrêtées cette semaine lors de ces manifestations, « dont 320 dans la seule journée du 23 janvier », a précisé la haute-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, qui a réclamé des « discussions immédiates pour désamorcer une atmosphère de plus en plus inflammable ».