Colombie: un attentat contre une école de police fait 21 morts

L’explosion est survenue à l’issue d’une cérémonie de promotion de jeunes officiers.
Photo: Juan Barreto Agence France-Presse L’explosion est survenue à l’issue d’une cérémonie de promotion de jeunes officiers.

Un attentat à la voiture piégée a fait 21 morts et 68 blessés jeudi à Bogotá, soit le plus meurtrier en près de seize ans dans la capitale d’une Colombie peinant à mettre fin à plus d’un demi-siècle de guerre interne.

L’attaque, qui a visé l’école de la police nationale, a été qualifiée de « misérable acte terroriste » par le président de droite Ivan Duque, qui a durci la lutte antidrogue et contre la rébellion de l’ELN (l’Armée de libération nationale).

L’auteur présumé de l’attentat a été identifié comme étant José Aldemar Rojas Rodriguez. Il est entré à 9 h 30 dans l’enceinte de l’École des officiers Général Francisco de Paula Santander, dans le sud de Bogotá, au volant d’une camionnette grise chargée de 80 kilos de pentolite, un puissant explosif, selon le procureur général Nestor Humberto Martinez.

Tout semble indiquer qu’il a été tué dans l’attentat, mais les autorités ne l’ont pas confirmé. Elles n’ont pas précisé non plus s’il était lié à l’un des groupes armés illégaux qui opèrent encore en Colombie, notamment dans le trafic de drogue depuis la paix signée avec l’ex-guérilla FARC en 2016.

Selon le dernier bilan communiqué par le ministère de la Défense, l’explosion, survenue à l’issue d’une cérémonie de promotion de jeunes officiers, a fait 21 morts et 68 blessés. Il n’a pas été précisé combien de policiers figuraient parmi les victimes.

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière qu’ait subie Bogotá depuis un attentat, également à la voiture piégée et commis alors par les FARC, qui avait fait 36 morts et des dizaines de blessés le 7 février 2003, au Nogal, un club social très exclusif du nord de Bogotá.

« Cet acte terroriste démentiel ne restera pas impuni », a assuré jeudi le président Duque. Dénonçant « une attaque contre toute la société », « pas seulement contre nos policiers », il a appelé « les Colombiens à s’unir contre les violents ».

Au pouvoir depuis août, ce président de droite a amplifié la lutte contre la drogue dans un pays qui reste le premier producteur mondial de cocaïne et durci les conditions de reprise des négociations de paix avec la guérilla de l’ELN.

Le procureur a précisé que le véhicule utilisé avait passé un contrôle technique en juillet dernier dans l’Arauca, un département frontalier du Venezuela, où l’ELN est présente.

Avec environ 1800 combattants, l’ELN est considérée comme la dernière guérilla du pays, depuis le désarmement et la transformation en parti politique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) à la suite de l’accord signé en 2016 avec le précédent gouvernement.

M. Duque exige que l’ELN libère ses otages, dont le nombre est évalué à 17, et cesse ses activités criminelles avant une reprise des négociations, entamées en 2017 mais suspendues depuis août. Les rebelles estiment qu’il s’agit de « conditions unilatérales inacceptables ».

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