L’Amérique unie le temps d’un adieu à George H.W. Bush

George W. Bush, les traits tirés, a suivi le cercueil de son père à la sortie de la cathédrale nationale de Washington.
Photo: Susan Walsh Associated Press George W. Bush, les traits tirés, a suivi le cercueil de son père à la sortie de la cathédrale nationale de Washington.

Le président Donald Trump et quatre de ses prédécesseurs à la Maison-Blanche ont assisté ensemble mercredi aux obsèques d’État de George H.W. Bush, offrant une rare image d’unité dans une Amérique divisée.

Au premier rang dans la cathédrale nationale de Washington, Donald et Melania Trump ont suivi la cérémonie de près de deux heures, avec trois ex-présidents démocrates, Barack Obama, Bill Clinton et Jimmy Carter, et leurs épouses Michelle Obama, l’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton et Rosalynn Carter. George W. Bush a fait l’éloge funèbre de son père.

Le président républicain a salué les Obama, assis juste à côté, mais pas les Clinton ni Carter, assis plus loin. Hillary Clinton, son ex-adversaire à la présidentielle, n’a pas même échangé un regard avec lui, mais s’est entretenue chaleureusement avec le vice-président Mike Pence.

C’est en homme résolu mais humble et maniant l’autodérision que George H.W. Bush est apparu à travers les mots de ses proches, dont l’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney.

Dans un discours personnel et teinté d’humour mais conclu par des larmes, son fils George W. Bush, 43e président des États-Unis, a salué la mémoire d’un « grand président », « un diplomate exceptionnellement talentueux », un homme « généreux ». « Ta grande morale, ta sincérité et grandeur d’âme resteront avec nous pour toujours », a-t-il dit.

Le prince Charles, la chancelière allemande, Angela Merkel, le roi de Jordanie, Abdallah II, et la reine Rania, le président polonais, Andrzej Duda, accompagné de Lech Walesa, ainsi que plusieurs autres dignitaires étrangers faisaient partie des invités.

Donald Trump n’a pas pris la parole durant la cérémonie. Mais depuis le décès vendredi à 94 ans de George H.W. Bush, 41e président américain, l’actuel occupant de la Maison-Blanche multiplie les signes de respect.

« Il ne s’agit pas de funérailles, mais d’une journée de célébrations pour un grand homme qui a mené une longue vie exceptionnelle. Il va nous manquer ! » a écrit sur Twitter Donald Trump avant la cérémonie.

Issu d’une riche famille de la Nouvelle-Angleterre, M. Bush fut le dernier président américain (1989-1993) de la guerre froide et mena la coalition internationale pendant la guerre du Golfe. Puis il fut nettement battu en 1992 par Bill Clinton.

Après une dernière cérémonie à l’église épiscopalienne de St. Martin à Houston jeudi, il sera inhumé derrière la bibliothèque présidentielle George-Bush, aux côtés de Barbara, son épouse pendant 73 ans, et de Robin, leur fille morte d’une leucémie lorsqu’elle avait trois ans.

« Dans notre deuil, nous pouvons sourire », a déclaré George W. Bush, « car nous savons qu’il serre Robin dans ses bras et a de nouveau la main de maman dans la sienne ».

Brian Mulroney se souvient d’un gentleman

Washington — L’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney s’est dit convaincu, mercredi, que George H.W. Bush restera le président le plus courageux, le plus honorable et le plus respectueux des principes que les États-Unis aient connu. M. Mulroney, proche ami et confident de l’ancien président, a paru très ému en prononçant un éloge funèbre à la cathédrale nationale de Washington.

M. Mulroney a décrit M. Bush comme un véritable gentleman et un modèle de leadership authentique qui a dirigé le pays de la même manière qu’il a vécu sa vie : avec distinction, résolution et courage.

Il a décrit avec émotion comment M. Bush lui avait un jour montré une plaque installée dans la propriété familiale à Kennebunkport, dans le Maine, portant les lettres CAVU, un acronyme anglais signifiant « plafond et visibilité illimités », qui décrit des conditions de vol parfaites. M. Mulroney a expliqué que c’était ce que M. Bush pensait de sa vie après la présidence.