L’Assemblée générale de l’ONU demande encore une fois la fin de l’embargo américain contre Cuba

Des membres de la Mission permanente de Cuba auprès des Nations unies ont manifesté lors d'une rencontre onusienne le 16 octobre 2016, empêchant ainsi un représentant américain de s'exprimer. Ils réclamaient la levée de l'embargo américain sur Cuba.
Photo: Timothy A. Clary Agence France-Presse Des membres de la Mission permanente de Cuba auprès des Nations unies ont manifesté lors d'une rencontre onusienne le 16 octobre 2016, empêchant ainsi un représentant américain de s'exprimer. Ils réclamaient la levée de l'embargo américain sur Cuba.

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté jeudi, comme chaque année depuis 1992, une résolution non contraignante appelant à la levée de l’embargo américain contre Cuba, dont les États-Unis ont tenté en vain de dénoncer les atteintes aux droits de l’homme.

La résolution a été approuvée par 189 pays. Comme l’an dernier, seuls les États-Unis et Israël se sont prononcés contre, tandis que l’Ukraine et la Moldavie n’ont pas participé au vote.

C’est la 27e fois que l’Assemblée générale de l’ONU appelle ainsi à la levée de l’embargo économique et financier des États-Unis contre Cuba, en place depuis 1962. Mais la résolution, présentée chaque année, n’est pas contraignante et n’a qu’une portée politique.

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, avait présenté cette fois huit amendements à la résolution cubaine, une tentative de détourner l’attention vers le bilan de La Havane en matière de droits de l’homme.

Ces amendements n’ont pas reçu le soutien espéré par les États-Unis. Seuls leurs alliés israélien et ukrainien ont voté en leur faveur, rejoints par les Îles Marshall pour un amendement.

Cuba dénonce un «gouvernement de millionnaires»

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a qualifié jeudi le gouvernement de Donald Trump de « gouvernement de millionnaires imposant des politiques cruelles ».

« Le gouvernement américain n’a pas la moindre autorité morale pour critiquer Cuba ou qui que ce soit en matière de droits de l’homme », a-t-il ajouté à la tribune de l’assemblée, dénonçant le traitement réservé il y a quelques mois par Washington aux enfants de migrants séparés de leurs parents à la frontière avec le Mexique et « enfermés dans des cages ».

Pour M. Rodriguez, l’embargo américain constitue une « violation systématique, massive et flagrante » des droits de l’homme à Cuba, privant notamment l’île de médicaments et d’appareils médicaux produits aux États-Unis.

Nikki Haley a estimé de son côté que ce vote annuel sur l’embargo était « une perte de temps pour tout le monde ».

« C’est une occasion de plus pour les pays de pouvoir lancer une pique aux États-Unis », a-t-elle regretté. « Mais vous n’affectez pas les États-Unis en faisant cela. Vous affectez le peuple cubain en disant au régime que la façon dont il traite sa population est acceptable. »

Refroidissement diplomatique

En 2016, Washington s’était abstenu pour la première fois en un quart de siècle, après le rapprochement historique opéré par l’ex-président démocrate Barack Obama avec La Havane.

Mais les relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba se sont refroidies depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Son administration met en avant la répression des opposants politiques et les atteintes aux libertés sur l’île afin de justifier le maintien de l’embargo économique.

« Cuba présente chaque année une résolution accusant les États-Unis d’être responsables de sa pauvreté, de sa répression et de son manque de libertés », avait dénoncé mercredi dans un tweet la mission américaine à l’ONU.

Et d’ajouter : « Les Nations unies entendront [jeudi] ce que nous avons à dire à ce sujet et les pays devront choisir entre Cuba et les États-Unis. Qui votera pour nous ? »

Israël et l’Ukraine.