L’ouragan «Willa» s’apprête à toucher les côtes mexicaines

À Escuinapa, une ville de 30 000 habitants où doit frapper l’oeil de l’ouragan «Willa», plusieurs rues ont été déjà inondées.
Photo: Alfredo Estrella Agence France-Presse À Escuinapa, une ville de 30 000 habitants où doit frapper l’oeil de l’ouragan «Willa», plusieurs rues ont été déjà inondées.

L’ouragan Willa, qui a légèrement perdu de sa puissance, rétrogradé mardi en catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson, s’apprête à toucher en fin de journée la côte Pacifique mexicaine, au nord-ouest du pays.

À 15 h 00 locales, l’ouragan s’approchait des côtes mexicaines avec des vents pouvant atteindre 195 km/h. Il progressait à une vitesse de 17 km/h, selon le dernier bulletin du Centre américain des ouragans (CNH).

« Willa est désormais un ouragan de catégorie 3 », a indiqué mardi le service météorologique mexicain (SMM).

Lundi, l’ouragan avait été classé quelques heures en catégorie 5 — la plus élevée sur l’échelle de Saffir-Simpson — avant de perdre en intensité et d’être rétrogradé en catégorie 4 dans la soirée.

L’ouragan était attendu sur les côtes mexicaines en fin de journée mardi, au sud de l’État de Sinaloa (ouest), à la frontière avec l’État de Nayarit, tous deux placés en « alerte orange » par les autorités et où les écoles restaient fermées mardi.

Plus de 4250 personnes ont été évacuées dans les zones à haut risque, dont certaines zones touristiques, a indiqué le responsable national de la protection civile, Luis Felipe Puente. Ils sont logés dans 578 refuges temporaires.

Selon les météorologues mexicains, le temps était couvert et légèrement pluvieux au sud de l’État de Sinaloa, tandis que les États plus méridionaux de Colima et Jalisco étaient touchés par de fortes pluies.

Quelques heures avant l’arrivée de l’ouragan, à Escuinapa, une ville de 30 000 habitants où doit frapper l’oeil de l’ouragan, plusieurs rues ont été déjà inondées.

Dans des abris, les habitants attendent dans une angoisse croissante.

« Espérons que tout cela va se terminer rapidement et qu’on va pouvoir retourner chez nous », a commenté auprès de l’AFP Epigmenio Cardenas, 44 ans, un agriculteur qui s’est réfugié dans un abri où se trouvent 2500 personnes. « On se sent mal de tout laisser derrière nous, mais qu’est-ce qu’on peut faire », a-t-il ajouté.

Des militaires ont été déployés dans le secteur pour intervenir en cas d’importants dégâts.

Risque d’inondations

À 100 km au nord se situe néanmoins le port de Mazatlan, qui compte 500 000 habitants.

En début d’après-midi, de rares touristes admiraient la mer déchaînée, a constaté un journaliste de l’AFP. Le personnel d’un hôtel avait confectionné une digue rudimentaire à l’aide de sacs de sable et placé des panneaux de bois sur les fenêtres.

Tout au long de la matinée, la population s’est rendue dans les supermarchés pour faire le plein de vivres et d’eau potable.

« Nous faisons le plein de provisions pour la famille, de l’eau en bouteille, des aliments qui ne périssent pas ou qui peuvent se manger rapidement », a expliqué à l’AFP Roberto Carlos, un ouvrier de 45 ans.

Aux conséquences de Willa pourraient s’ajouter celles d’une autre tempête tropicale, Vicente, qui s’apprête à toucher les côtes mexicaines plus au sud, dans les États de Michoacan et Guerrero.

En septembre, au moins 15 personnes ont péri dans des crues soudaines liées aux fortes pluies dans les États de Sinaloa et Michoacan.

La semaine dernière, 11 personnes sont décédées à Oaxaca (sud), dont sept enfants, à cause des intempéries.