Environ 3000 Honduriens ont repris leur marche au Mexique vers les États-Unis

Cette marche vers les États-Unis a débuté il y a une semaine de San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, à la suite d’un appel sur les réseaux sociaux relayé par un ex-député hondurien.
Photo: Pedro Pardo Agence France-Presse Cette marche vers les États-Unis a débuté il y a une semaine de San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, à la suite d’un appel sur les réseaux sociaux relayé par un ex-député hondurien.

Environ 3000 Honduriens ont repris dimanche leur marche vers les États-Unis depuis la ville de Ciudad Hidalgo, dans le sud du Mexique, tandis qu’un millier d’autres attendaient sur un pont frontalier de pouvoir entrer légalement dans le pays.

Les autorités mexicaines étaient parvenues à bloquer jeudi cette « caravane » qu’elles estiment à plus de 4000 personnes, mais de nombreux migrants sont entrés illégalement dans le pays par le fleuve Suchiate séparant le Mexique du Guatemala.

« Personne ne va nous arrêter, après tout ce que nous avons fait, comme franchir le fleuve », a déclaré à l’AFP Aaron Juarez, 21 ans, qui marchait avec difficulté à cause de blessures aux pieds, au côté de son épouse et de son bébé.

« Nous sommes fatigués, mais très contents, nous sommes unis et forts », a affirmé Edwin Geovanni Enamorado, un cultivateur hondurien, qui dit avoir quitté son pays après avoir été racketté par les gangs des Maras.

Personne ne va nous arrêter, après tout ce que nous avons fait

Un commandant de la police fédérale a précisé qu’environ 3000 personnes marchaient dans cette « caravane » du côté mexicain, en direction de Tapachula. Le groupe de migrants est escorté par des policiers locaux et survolé par un hélicoptère.

Marchant sous la chaleur, Jessica, 35 ans, vendeuse de cosmétique, a laissé derrière elle quatre enfants et voyage avec un fils de neuf ans. Elle a traversé le fleuve Suchiate sur une embarcation de fortune, ne sachant pas nager. « Nous n’avons pas d’argent, ni une seule goutte d’eau » déplorait-elle.

Comme elle, l’immense majorité des migrants n’ont ni eau ni nourriture. Ils crient « Mexico ! Mexico ! » et applaudissent les habitants qui leur donnent des vivres.

« Pas de motivation politique »

Cette marche vers les États-Unis a débuté il y a une semaine de San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, à la suite d’un appel sur les réseaux sociaux relayé par un ex-député hondurien.

Jeudi, le président , Donald Trump, avait menacé de fermer la frontière avec le Mexique si les autorités ne bloquaient pas l’avancée de la « caravane ».

Samedi, il a félicité le Mexique pour sa fermeté, mais au même moment Mexico décidait de laisser passer des femmes et des enfants.

Le président hondurien, Juan Orlando Hernandez, et son homologue guatémaltèque, Jimmy Morales, ont dénoncé de leur côté samedi l’exploitation du « malheur des gens » pour « des motivations politiques ».

« Sans aucun doute, nous avons à faire pour offrir un avenir à notre population dans ses communautés », a toutefois admis M. Hernandez.

« Ce n’est pas politique », a contesté Edgar Aguilar, un migrant de la caravane qui assure partir du Honduras « à cause de la faim, de la sécheresse ». « Nous voulons une meilleure vie », lance-t-il.

Selon un décompte de l’AFP, environ un millier de migrants se trouvaient dimanche toujours bloqués sur le pont frontalier, espérant pouvoir entrer légalement au Mexique.

La frontière a été partiellement ouverte en matinée pour laisser entrer environ 50 migrants, en majorité des femmes et des enfants.

La veille, les autorités mexicaines avaient déjà ouvert leur frontière à des femmes et enfants qui ont ensuite été conduits dans un refuge et ont affirmé avoir reçu 640 demandes d’asile.

Plus de 300 personnes ont renoncé et accepté de retourner dans leur pays à bord des autocars mis à leur disposition par le Guatemala.

Le Honduras est l’un des pays les plus violents du monde, avec un taux annuel de 43 homicides pour 100 000 habitants, selon une étude universitaire hondurienne.

Plus de 500 000 personnes traversent chaque année illégalement la frontière sud du Mexique pour tenter ensuite de remonter vers les États-Unis, selon des chiffres de l’ONU.