Amnesty International dénonce une «opération de nettoyage» au Nicaragua

Les autorités du Nicaragua «ont intensifié leur stratégie répressive» contre les manifestants, estime Amnesty International.
Photo: Inti Ocon Agence France-Presse Les autorités du Nicaragua «ont intensifié leur stratégie répressive» contre les manifestants, estime Amnesty International.

Les autorités du Nicaragua « ont intensifié leur stratégie répressive, en commettant de graves violations des droits de la personne lors d’une campagne de nettoyage », estime Amnesty International.

Dans un rapport publié jeudi, l’ONG de défense des droits de la personne assure que cette « opération de nettoyage », qui a commencé début juin, « a pris pour cible des manifestants avec des arrestations arbitraires, des actes de torture et un recours généralisé et sans discernement à la force meurtrière par la police et des groupes progouvernementaux lourdement armés ».

« Les autorités nicaraguayennes doivent immédiatement démanteler et désarmer tous les groupes armés progouvernementaux et veiller à ce que la police n’utilise la force au cours de manifestations que lorsqu’elle est légitime, proportionnée et indispensable », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Au lieu de traiter les manifestants comme des criminels en les qualifiant de “terroristes” et de “putschistes”, le président doit garantir le droit de réunion pacifique et la liberté d’expression de la population », a-t-elle ajouté.

« Bien que certains manifestants aient tiré des obus de mortier artisanaux et qu’une minorité ait fait usage d’armes à feu telles que des fusils et des carabines, cela ne justifie pas que les autorités aient recours de manière généralisée, disproportionnée et la plupart du temps sans discrimination à une force meurtrière contre tous les manifestants », ajoute le communiqué.

Amnesty cite également le cas de Faber Lopez, un policier antiémeute qui « aurait été tué par ses collègues ».

« Le gouvernement a accusé des “terroristes” de sa mort, mais sa famille a souligné que son corps ne présentait aucune blessure par balle et qu’il portait en revanche des traces de torture », assure le communiqué. « La veille de sa mort, Faber Lopez avait téléphoné à ses proches pour dire qu’il démissionnait et que s’il ne les contactait pas le lendemain, ce serait parce que ses collègues l’avaient tué. »

Interrogée jeudi par l’AFP, l’ambassadrice du Nicaragua en France, Ruth Esperanza Tapia Roa, a affirmé que l’ONG lançait « des accusations sans fondement et sans preuve ».

Le rapport, intitulé Nicaragua, une ère de terreur est disponible sur le site d’Amnesty.

Il est basé sur deux missions de recherche au Nicaragua et au Costa Rica, en juillet et septembre 2018.