La réinsertion des FARC, une «grave préoccupation»

Une ancienne rebelle des FARC transporte son fils dans un territoire où les anciens combattants reçoivent des formations pour les réhabituer à la vie civile. En vertu de l’accord de paix, 7000 anciens combattants ont déposé les armes l’an dernier en échange de la promesse d’être réintégrés dans la société colombienne.
Photo: Raul Arboleda Agence France-Presse Une ancienne rebelle des FARC transporte son fils dans un territoire où les anciens combattants reçoivent des formations pour les réhabituer à la vie civile. En vertu de l’accord de paix, 7000 anciens combattants ont déposé les armes l’an dernier en échange de la promesse d’être réintégrés dans la société colombienne.

La réintégration économique des anciens combattants des FARC en Colombie « reste aujourd’hui un sujet de grave préoccupation », a déclaré mercredi au Conseil de sécurité le chef onusien de la mission de vérification de l’accord de paix de 2016, Jean Arnault.

« La grande majorité des personnes en voie de réintégration n’a toujours pas de perspective économique claire au-delà de l’allocation mensuelle » qui leur est attribuée dans le cadre d’une aide devant s’achever en août 2019, a-t-il ajouté.

En vertu de l’accord de paix visant à mettre fin à plus d’un demi-siècle de confrontation armée en Colombie, 7000 anciens combattants ont déposé les armes l’an dernier en échange de la promesse d’être réintégrés dans la société colombienne.

Parmi les mesures pouvant aider, « il y a la nécessité de lier beaucoup plus directement la réintégration avec le développement local », a estimé Jean Arnault. Des liens doivent être renforcés avec le secteur privé, les universités et d’autres acteurs facilitant une réintégration sur le long terme, a-t-il précisé.

Inquiétudes

« L’incertitude juridique » chez les anciens combattants des FARC est aussi « un sujet important de préoccupation » qui ne facilite pas leur insertion dans la société, a aussi fait valoir le responsable de l’ONU.

Les ex-chefs des FARC ont dénoncé récemment des modifications par le Parlement du système de justice de paix, chargé éventuellement de juger les anciens guérilleros et membres des forces de l’ordre. Plusieurs d’entre eux ont disparu et leur participation au processus de paix semble remise en cause.

Présent à la réunion du Conseil de sécurité, le chef de la diplomatie colombienne, Carlos Holmes Trujillo, a « invité les ex-FARC à ne pas s’égarer à nouveau sur le chemin de la violence et de l’illégalité ».

Il a assuré que son gouvernement oeuvrera en faveur d’un « succès » du programme de réinsertion. « Des ajustements nécessaires seront présentés publiquement », a-t-il aussi dit, sans autre précision.

Pour l’ambassadeur américain adjoint à l’ONU, Jonathan Cohen, « l’avenir du processus de paix dépend de la capacité de la Colombie à gérer l’afflux massif de Vénézuéliens ».

« Le peuple et le gouvernement colombiens ont répondu avec beaucoup de générosité au million de Vénézuéliens qui sont venus chercher refuge, aliments et médicaments dans leur pays ». Les États-Unis ont débloqué « 55 millions de dollars en aide humanitaire, mais pour les peuples vénézuélien et colombien, il ne pourra y avoir soulagement que lorsque le régime vénézuélien tombera », a-t-il asséné.