Présidentielle au Brésil: le parti de Lula continue de jouer la montre

Fernando Haddad est pressenti pour remplacer Luiz Inacio Lula da Silva.
Photo: Nelson Almeida Agence France-Presse Fernando Haddad est pressenti pour remplacer Luiz Inacio Lula da Silva.

Le Parti des travailleurs (PT, gauche) brûlait lundi ses dernières cartouches pour tenter de reporter la décision douloureuse de remplacer son chef historique Lula dans la course à la présidentielle brésilienne, à la veille de la date limite fixée par la justice électorale.

Dans la matinée, Fernando Haddad, colistier de Luiz Inácio Lula da Silva et pressenti pour le remplacer en tête de ticket, a rendu visite à son mentor dans sa prison de Curitiba (sud).

Aucune décision définitive ne semblait avoir été prise à l’issue de cette rencontre très attendue.

L’ex-maire de São Paulo est sorti de la prison sans parler à la presse, mais les avocats de Lula ont affirmé aux journalistes présents avoir reçu une lettre du Comité des droits de l’homme de l’ONU réaffirmant une décision de la mi-août appelant le Brésil à autoriser l’ex-président (2003-2010) à se présenter.

Cette lettre, à laquelle l’Agence France-Presse a eu accès, réitère que « la non-application des mesures » réclamées par le comité est « incompatible avec les obligations » qui incombent aux États membres.

Malgré la recommandation de l’ONU, la figure de proue de la gauche brésilienne a été déclarée inéligible le 1er septembre, au nom de la loi de « Ficha limpa » (casier vierge) qui interdit à toute personne condamnée en deuxième instance de se présenter à un mandat électif.

Lors du même jugement qui a invalidé la candidature de Lula, la justice électorale a donné jusqu’à mardi 19 h (heure locale) au PT pour annoncer un remplaçant.

Le parti de gauche avait sollicité un report au 17 septembre de cette date limite, mais, lundi, la présidente de la Cour suprême, Rosa Weber, a jugé que cette demande « ne se justifie pas ».

Les avocats de Lula ont présenté dans la foulée un nouveau recours devant la Cour suprême pour obtenir un délai supplémentaire.

Le PT attend aussi le jugement d’un autre recours déposé devant la Cour suprême par la défense de Lula, contre sa disqualification en elle-même. Mais il est improbable que cette cour se prononce avant mardi et l’expiration du délai fixé par la justice électorale.

Si le PT laissait passer cette date butoir, la grande formation de gauche serait automatiquement exclue de la course au palais du Planalto de Brasília.

Grand favori des sondages, Lula, président de 2003 à 2010, purge depuis avril une peine de prison de plus de 12 ans pour corruption passive et blanchiment d’argent, mais nie toute culpabilité.

Celui qui avait quitté le pouvoir avec un taux record de 87 % d’opinions favorables a été accusé d’avoir reçu en pot-de-vin d’une entreprise du BTP un triplex dans une station balnéaire en échange de faveurs dans l’attribution de marchés publics.