«Aucune ingérence» russe tolérée pour les élections de mi-mandat aux États-Unis

Le conseiller à la sécurité nationale américain, John Bolton, s’est exprimé devant les médias à l’issue d’une rencontre de cinq heures à Genève avec le secrétaire général du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Le conseiller à la sécurité nationale américain, John Bolton, s’est exprimé devant les médias à l’issue d’une rencontre de cinq heures à Genève avec le secrétaire général du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev.

Le conseiller à la sécurité nationale américain John Bolton a assuré jeudi que les États-Unis ne toléreraient aucune « ingérence » russe lors des élections de mi-mandat en novembre, Washington étant prêt à prendre « les mesures nécessaires ».

M. Bolton s’exprimait devant les médias à l’issue d’une rencontre de cinq heures à Genève avec le secrétaire général du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev.

« J’ai dit clairement que nous ne tolérerions aucune ingérence en 2018 et que nous étions prêts à prendre les mesures nécessaires pour empêcher que cela ne se produise », a déclaré M. Bolton lors de la conférence de presse.

Les deux hommes ont souligné que la question de l’ingérence les avait empêchés de publier une déclaration conjointe à l’issue de leur rencontre, Washington tenant à ce que le sujet soit mentionné, contrairement à Moscou.

« Nous avons dit que, s’il y a une telle phrase [sur l’ingérence présumée russe dans les élections américaines], il faut inclure aussi dans ce document une phrase disant que les Américains ne doivent pas s’ingérer dans les affaires intérieures [des autres pays]. Alors, ils ont dit qu’ils n’allaient pas signer du tout cette déclaration », a assuré pour sa part M. Patrouchev, cité par l’agence de presse publique RIA Novosti.

La Russie est accusée par le renseignement américain d’ingérence lors de l’élection présidentielle de 2016, qui a porté au pouvoir Donald Trump. Cette ingérence présumée fait l’objet d’une enquête aux États-Unis, dénoncée par M. Trump lui-même comme une « chasse aux sorcières ».

Les autorités russes ont fermement rejeté ces accusations à maintes reprises.

M. Bolton a par ailleurs indiqué avoir discuté avec son homologue russe d’une multitude de sujets, comme la lutte contre le terrorisme, l’immigration illégale, le Moyen-Orient, l’Afghanistan et l’Ukraine, estimant avoir fait des « progrès considérables ».

Plus de cinq ans de prison pour avoir coulé un rapport top secret

Washington — Une Américaine qui a divulgué un rapport top secret sur les piratages russes lors de la présidentielle de 2016 a été condamnée jeudi à cinq ans et trois mois de prison, une peine à la sévérité inédite pour une telle fuite.

Reality Winner, 26 ans, ex-salariée d’une société sous-traitante de l’Agence nationale de la sécurité (NSA) et très critique de Donald Trump, est la première personne condamnée selon la loi Espionage Act depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Elle avait imprimé sur son lieu de travail un document confidentiel, puis l’avait envoyé au site d’information The Intercept. Ce rapport détaillait comment des pirates informatiques du renseignement militaire russe avaient tenté à plusieurs reprises de s’introduire dans les systèmes électoraux américains.