Venezuela: l’incident à Caracas, une «tentative de massacre»

Une marée rouge de partisans du gouvernement avec des portraits du chef de l’État a défilé lundi en fin de journée jusqu’au palais présidentiel de Miraflores.
Photo: Frederico Parra Agence France-Presse Une marée rouge de partisans du gouvernement avec des portraits du chef de l’État a défilé lundi en fin de journée jusqu’au palais présidentiel de Miraflores.

Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, devait réapparaître en public lundi, pour la première fois depuis la tentative d’« attentat » contre lui, mais ne l’a finalement pas fait, tandis que la justice a donné quelques détails sur l’enquête qui soulève des questions.

Lors d’une conférence de presse, le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, a fait une mise en garde contre toute nouvelle tentative de viser le gouvernement.

La justice « poursuivra, dans le cadre de la loi, ceux qui conspirent contre la paix civile. Que ces faits servent, une fois pour toutes, à mettre un terme à toute tentative de porter atteinte à la paix de façon violente », a-t-il déclaré.

Le magistrat a qualifié l’incident de samedi de « tentative de magnicide » et de « tentative de massacre ». Deux drones, chargés chacun d’un kilo de C-4, un puissant explosif militaire, ont explosé à proximité de la tribune présidentielle lors d’une cérémonie militaire, selon les autorités vénézuéliennes.

M. Saab a confirmé que deux hommes avaient été arrêtés « en flagrant délit » alors qu’ils pilotaient un des drones depuis un véhicule à proximité de l’événement, dans le centre de Caracas. Cet engin a explosé après avoir heurté un immeuble, selon les autorités.

Contrairement à ce qu’il avait annoncé, le procureur général n’a pas révélé les identités des personnes interpellées. Pour l’heure, six personnes ont été arrêtées dans cette affaire, d’après le ministre de l’Intérieur, Néstor Reverol.

« On sait d’où ont été pilotés les drones, des preuves y ont été recueillies […]. Tous les auteurs des faits ont été identifiés ainsi que leurs complices », a ajouté le magistrat.

M. Saab a également assuré, sans plus de précisions, que les personnes « qui ont fabriqué les engins » explosifs ont également été identifiées et que « les premières connexions internationales ont été établies ».

Santos nie

À Bogota, le gouvernement colombien a qualifié d’« absurde » l’accusation portée contre le président Santos. « Il y a une autre [accusation] encore plus insolite : selon laquelle je serais de mèche avec le renseignement américain, avec la droite vénézuélienne, à ourdir des complots pour assassiner le président du Venezuela. Voyons ! » a déclaré lundi ce dernier.

Peu après les faits, M. Maduro a mis en cause son homologue colombien, qui doit passer les rênes du pouvoir mardi à son successeur Ivan Duque (droite). « Je n’ai pas de doute que le nom de Juan Manuel Santos est derrière cet attentat », a-t-il assuré, évoquant aussi des « financiers » non identifiés qui résideraient aux États-Unis.

Une marée rouge de partisans du gouvernement avec des portraits du chef de l’État a défilé lundi en fin de journée jusqu’au palais présidentiel de Miraflores. Contrairement à ce qui était annoncé, M. Maduro ne s’est pas montré à l’arrivée du cortège.

Un mystérieux groupe rebelle, baptisé « Mouvement national des soldats en chemise », jusque-là inconnu, a revendiqué l’action dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

Rapidité de la réponse des forces de l’ordre, contradictions dans les déclarations des autorités et éventuelles manipulations : cette affaire soulève de nombreuses questions.

C’est une « tentative de criminaliser ceux qui s’opposent légitimement et démocratiquement et de renforcer la répression », a dénoncé la plateforme d’opposition du Frente Amplio.