Le FMI suggère une suppression progressive des subventions sur les carburants en Haïti

Environ 60 % des Haïtiens vivent avec moins de deux dollars par jour et cette majorité pauvre de la population est très sensible à la moindre variation des prix.
Photo: Hector Retamal Agence France-Presse Environ 60 % des Haïtiens vivent avec moins de deux dollars par jour et cette majorité pauvre de la population est très sensible à la moindre variation des prix.

Washington — Le Fonds monétaire international (FMI) a suggéré jeudi que les autorités d’Haïti suppriment de manière plus progressive les subventions sur les carburants, après les violences meurtrières qui se sont déroulées le week-end dernier.

« Nous continuerons de soutenir Haïti et d’aider […] les autorités alors qu’elles vont développer une stratégie révisée », a commenté Gerry Rice, porte-parole du Fond lors d’une conférence de presse.

Le programme de réformes révisé pourrait inclure « une approche bien plus progressive pour supprimer les subventions », a-t-il dit.

Il a rappelé que la suppression des subventions sur le carburant devait permettre au gouvernement de dégager des fonds pour financer des mesures sociales dans un pays où la majorité de la population est extrêmement pauvre.

Vendredi, les ministères haïtiens de l’Économie, des Finances, du Commerce et de l’Industrie avaient annoncé une augmentation des prix de l’essence de 38 %, celui du gazole de 47 % et celui du kérosène de 51 %, à compter du samedi 7 juillet à minuit.

Les rues de Port-au-Prince se sont alors hérissées de barricades, paralysant l’activité dans la capitale, qui a été la proie d’incendies volontaires et de pillages durant le week-end. Les violences ont fait plusieurs morts.

Le gouvernement a finalement dû suspendre samedi sa mesure très impopulaire.

La hausse brutale des carburants résultait de la suppression des subventions aux produits pétroliers, une des clauses de l’accord signé en février par Haïti avec le FMI.

Environ 60 % des Haïtiens vivent avec moins de deux dollars par jour et cette majorité pauvre de la population est très sensible à la moindre variation des prix.