L'ex-président brésilien Lula demeure en prison

Tandis que les partisans de Lula commençaient déjà à fêter sa libération imminente trois mois après son incarcération pour corruption, le juge Joao Pedro Gebran Neto de la cour d’appel TRF4 a décidé de le maintenir en prison.
Photo: Franklin de Freitas Agence France-Presse Tandis que les partisans de Lula commençaient déjà à fêter sa libération imminente trois mois après son incarcération pour corruption, le juge Joao Pedro Gebran Neto de la cour d’appel TRF4 a décidé de le maintenir en prison.

Un ordre de libération de l’ancien président brésilien Lula a été annulé quelques heures plus tard, dimanche, soulignant le désordre politique du pays à trois mois d’une des élections présidentielles les plus incertaines de son histoire.

Tandis que les partisans de Lula commençaient déjà à fêter sa libération imminente trois mois après son incarcération pour corruption, le juge Joao Pedro Gebran Neto de la cour d’appel TRF4 a décidé de le maintenir en prison. Le président de cette même instance, Carlos Eduardo Thomson Flores, a confirmé la décision quelques heures plus tard.

Le TRF4 de Porto Alegre est le tribunal qui avait ratifié en janvier dernier la condamnation de première instance de Luiz Inacio Lula da Silva.

Gebran Neto a annulé la décision d’un magistrat de la même cour d’appel. Le juge Rogerio Favreto, qui se trouvait de permanence cette fin de semaine au TRF4, avait décidé à la surprise générale d’accepter une demande d’Habeas Corpus présentée vendredi par plusieurs députés du Parti des travailleurs (PT), formation fondée par Lula en 1980. Il avait même demandé que cette libération ait lieu dès dimanche, « selon le régime d’urgence ».

Après une levée de boucliers de plusieurs instances du pouvoir judiciaire, le juge Gebran Neto a été catégorique, décidant que la police fédérale devait s’abstenir « de pratiquer un quelconque acte qui modifie la décision collégiale » d’emprisonner le politicien, condamné à 12 ans et un mois de prison pour corruption, prise par ce même TRF4 en janvier dernier.

Même s’il avait été remis en liberté, l’ex-président (2003-2010), en tête des intentions de vote pour le scrutin d’octobre, verrait probablement sa candidature invalidée par le tribunal électoral, en vertu d’une loi qui interdit à tout candidat déjà condamné en appel de se présenter.

L’ordre de libération de dimanche a fait l’effet d’une bombe au Brésil. Le juge anticorruption Sergio Moro, qui a condamné Lula en première instance en juillet 2017, avait affirmé dans la foulée que le juge Favreto n’avait pas la compétence pour prendre cette décision.

Le bras de fer judiciaire s’est poursuivi avec une demande officielle de la justice fédérale de faire marche arrière, reprenant l’argument de Sergio Moro.

Les médias brésiliens ont rappelé dimanche que le juge Favreto, ancien avocat, avait été membre du PT de 1991 à 2010, date à laquelle il avait accédé à la magistrature.

Le PT s’est insurgé contre l’annulation de l’ordre de libération dans un communiqué, estimant qu’il est « inconcevable » que la décision d’un juge du TRF4 ne soit pas respectée. Le parti a aussi lancé un appel à la mobilisation.

Accusé d’avoir reçu un appartement en bord de mer pour favoriser une entreprise de bâtiment pour l’obtention de marchés publics, Lula nie farouchement et se dit victime d’un complot pour l’empêcher de briguer un troisième mandat.