La grève générale endeuillée au Nicaragua

Au moins trois personnes ont été tuées par balle ces dernières heures lors de violentes manifestations, selon le Centre nicaraguayen des droits de l’homme.
Photo: Inti Ocon Agence France-Presse Au moins trois personnes ont été tuées par balle ces dernières heures lors de violentes manifestations, selon le Centre nicaraguayen des droits de l’homme.

De nouvelles violences meurtrières ont éclaté jeudi au Nicaragua, paralysé toute la journée par une grève générale, portant à plus de 160 le nombre de morts depuis le début de la vague de contestation contre le président Daniel Ortega, durement réprimée par le régime.

Au moins trois personnes ont été tuées par balle ces dernières heures lors d’assauts lancés par les forces antiémeutes et des milices paramilitaires progouvernementales contre les barricades érigées par les manifestants, selon le Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh).

Ces violents incidents se sont produits dans plusieurs bastions de l’opposition autour de la capitale Managua, notamment Nagarote (nord-ouest), Tipitapa (est) et Masatepe (sud), a précisé à l’AFP Marlin Sierra, directrice du Cenidh.

Paralysie

Depuis minuit, le pays est paralysé par une grève nationale, décrétée par l’opposition pour protester contre la répression des manifestations, qui a fait plus de 160 morts et plus de 1300 blessés depuis le début du mouvement le 18 avril.

« Tout est à l’arrêt, [on voit que] la population soutient la grève », a témoigné Pablo Ramírez, un chauffeur de taxi de Managua contraint à l’inactivité faute de clients.

Seuls de rares bus aux trois quarts vides circulaient dans les artères de la capitale, quadrillée par les forces de sécurité. Et le Mercado oriental, l’un des marchés les plus animés de Managua, avait des airs de quartier fantôme.

« Aujourd’hui, personne ne travaille », a assuré Carlos Sánchez, vendeur de gomme ambulant de 58 ans, qui espère que la grève permettra de faire plier le régime d’Ortega et de trouver une issue à la crise.

Ce débrayage national de 24 heures a été lancé par l’Alliance citoyenne pour la justice et la démocratie — un regroupement d’étudiants, de chefs d’entreprise et de représentants de la société civile — alors que les manifestations ne cessent de prendre de l’ampleur.

Tout en soutenant la grève, « expression de protestation pacifique », l’influente Église catholique, qui s’est posée en médiatrice du conflit, a pressé le gouvernement et l’opposition de renouer le dialogue.