Guatemala: une forte explosion interrompt les recherches près du volcan Fuego

Sept villages situés sur le flanc du volcan ont été évacués mardi, en raison de l’augmentation de l’activité volcanique.
Photo: Johan Ordonez Agence France-Presse Sept villages situés sur le flanc du volcan ont été évacués mardi, en raison de l’augmentation de l’activité volcanique.

Une forte explosion a obligé mardi les secouristes à interrompre leurs recherches autour du Volcan de Feu au Guatemala, 48 heures après son éruption qui a fait au moins 73 morts.

Sept villages situés sur le flanc du volcan ont été évacués mardi, en raison de l’augmentation de l’activité volcanique, et les opérations de sauvetage ont été suspendues, a déclaré à la presse le porte-parole de la Coordination nationale pour la gestion des catastrophes (Conred), David de Leon.

M. de Leon a expliqué que, selon des experts, de nouvelles coulées pyroclastiques — composées de cendres, de boue, d’eau, et de roches à hautes températures — pourraient à nouveau se produire.

L’augmentation de l’activité volcanique a provoqué la panique dans la ville d’Escuintla, située près du colosse haut de 3763 mètres et situé à 35 km au sud-ouest de la capitale.

Ses habitants ont pris leurs voitures pour quitter les lieux au plus vite, provoquant un immense chaos.

Un photographe de l’AFP sur place a déclaré avoir entendu un fort grondement et vu une grande colonne de cendres s’élever vers le ciel, forçant les autorités à évacuer tous les habitants de la région.

Secouristes, policiers et militaires ont également été contraints de quitter la zone.

Deux jours après l’éruption, qui a déversé d’importantes quantités de boue, de lave et de cendre ardente, les possibilités de retrouver des survivants étaient très faibles, a reconnu, quelques heures avant cette interruption des recherches, Sergio Cabañas, le directeur de la Conred.

« Difficile de rester en vie »

« Si on est piégé dans le flux pyroclastique, il est difficile de rester en vie », a-t-il souligné, ajoutant que certains corps totalement calcinés pourraient ne jamais être retrouvés. Quelque 46 personnes ont également été blessées dans la tragédie, dont la moitié grièvement.

Les projections spectaculaires de lave et de cendre de ce cratère avaient semé la panique dimanche dans les habitations rurales situées sur le flanc du volcan, et entraîné une première évacuation d’urgence de plus de 4500 personnes.

Suspendues dans la nuit, les recherches ont repris à l’aube mardi dans les environs du volcan, encore recouverts d’une abondante couche de cendre grise. Les secouristes effectuaient leur dur labeur, seulement interrompus par les épais nuages soulevés au passage des véhicules d’urgence sillonnant la zone, tandis que des volontaires leur apportaient spontanément eau et nourriture.

Eddy Sanchez, directeur de l’Institut de vulcanologie, a indiqué à l’AFP que l’éruption de dimanche avait libéré « beaucoup d’énergie » et que le volcan, entré en « repos actif », pourrait encore libérer des éruptions explosives qui toutefois ne devraient « pas être catastrophiques ».

Dimanche, des images diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux ont montré une immense nuée de cendres descendant du volcan avant d’engloutir une route tandis que des habitants et des membres des équipes de secours fuyaient en courant.

D’autres montraient des personnes couvertes de cendres que des secouristes essayaient de mettre à l’abri. Au total l’éruption a duré plus de 16 heures.

« Tragédie »

Lundi soir, le président Jimmy Morales a qualifié l’événement de « tragédie » et annoncé que les recherches et l’assistance aux sinistrés dureraient le temps nécessaire dans la zone.

La présidence a déjà précisé qu’un plan de reconstruction commencerait à être élaboré mardi, alors que les familles des victimes commençaient à enterrer leurs morts dans de longues processions.

L’état de catastrophe naturelle a été décrété dans les départements d’Escuintla (sud), Chimaltenango (ouest) et Sacatepequez (sud-ouest), les plus affectés par l’éruption. Les députés ont également commandé un rapport sur les dégâts dans les nombreuses exploitations de café et maïs affectées.

L’éruption a touché notamment des communes rurales proches du volcan et la cité coloniale d’Antigua, le plus important site touristique du Guatemala.

Un total de 1,7 million de personnes sont affectées à divers degrés par la catastrophe, selon la protection civile.

Le Volcan « de Fuego » était déjà entré en éruption en janvier 2018. En septembre 2012, son précédent réveil avait entraîné l’évacuation de quelque 10 000 personnes résidant dans des villages situés sur le flanc sud.

Deux autres volcans sont également actifs au Guatemala : le Santiaguito (ouest) et le Pacaya (20 km au sud de la capitale). Ce petit pays d’Amérique centrale est situé sur la « Ceinture de feu du Pacifique », une zone qui concentre environ 85 % de l’activité sismique terrestre.

Agence France-Presse