Venezuela: Washington durcit le ton après l’expulsion de diplomates américains

Lors d’un scrutin critiqué par la communauté internationale, le président vénézuélien, Nicolás Maduro, a obtenu dimanche 68% des voix.
Photo: Ariana Cubillos Asssociated Press Lors d’un scrutin critiqué par la communauté internationale, le président vénézuélien, Nicolás Maduro, a obtenu dimanche 68% des voix.

Washington — Les États-Unis ont menacé mardi le Venezuela de représailles après l’annonce de l’expulsion des deux plus hauts représentants diplomatiques américains à Caracas par le président vénézuélien, Nicolás Maduro.

« Nous n’avons pas reçu de notification de la part du gouvernement vénézuélien à travers les canaux diplomatiques », a déclaré à l’AFP un responsable du département d’État américain. Mais si l’expulsion était confirmée, « les États-Unis pourraient prendre des mesures réciproques appropriées », a-t-il ajouté.

Le président Nicolás Maduro avait plus tôt annoncé ces expulsions en réponse à l’imposition de nouvelles sanctions économiques par Washington au lendemain de sa réélection controversée dimanche.

Il a accusé le chargé d’affaires des États-Unis, Todd Robinson, de mener un complot militaire contre lui, de vouloir détruire l’économie du pays et de promouvoir l’abstention lors du scrutin présidentiel de dimanche. Il a aussi accusé Brian Naranjo d’être le représentant à Caracas de la CIA.

« Nous rejetons complètement les fausses allégations de Maduro contre le chargé d’affaires [Todd] Robinson et le numéro deux de la mission diplomatique [Brian] Naranjo », a dit le responsable du département d’État américain.

Lors d’un scrutin critiqué par la communauté internationale et boycotté par l’opposition qui dénonçait une « supercherie », M. Maduro, 55 ans, a obtenu dimanche 68 % des voix contre 21,2 % à son principal adversaire, Henri Falcon, 56 ans. Ce dernier a dénoncé un scrutin sans « légitimité » et réclamé une nouvelle élection avant la fin de l’année.

Les résultats annoncés, qualifiés de « farce » par Washington, ont été rejetés par le Chili, le Panama, le Costa Rica tout comme par le Groupe de Lima, une alliance de pays d’Amérique et des Caraïbes qui comprend l’Argentine, le Brésil, le Canada, la Colombie et le Mexique.

L’Europe ajoute sa voix au concert de critiques

L’Union européenne a dénoncé mardi les nombreuses irrégularités signalées lors de l’élection présidentielle au Venezuela remportée par Nicolás Maduro et a annoncé envisager des sanctions. La représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a dénoncé par communiqué « des obstacles majeurs à la participation des partis politiques de l’opposition et de leurs dirigeants » et « de nombreuses irrégularités signalées le jour du scrutin, y compris l’achat de votes ». « Le Venezuela a besoin d’urgence d’une solution politique pour mettre fin à la crise actuelle et, avant tout, pour répondre aux besoins humanitaires les plus urgents de sa population », a-t-elle également souligné. « L’UE réaffirme qu’il est nécessaire de rétablir le processus démocratique et qu’il importe que le pays s’efforce de trouver une solution politique et véritablement négociée », a-t-elle plaidé.