L'élection présidentielle est reportée au Venezuela

Le militaire à la retraite Henri Falcon se présentera contre le président Nicolas Maduro, qui brigue un nouveau mandat pour rester au pouvoir jusqu’en 2025.
Photo: Carlos Becerra Agence France-Presse Le militaire à la retraite Henri Falcon se présentera contre le président Nicolas Maduro, qui brigue un nouveau mandat pour rester au pouvoir jusqu’en 2025.

Caracas — Avancée au 22 avril, puis reportée au 20 mai, l’élection présidentielle au Venezuela a encore changé de date jeudi, après un accord avec un adversaire de Nicolas Maduro visant à rassurer la communauté internationale.

Pressenti depuis plusieurs jours, après la révélation par le dissident chaviste Henri Falcon de négociations secrètes avec le gouvernement, l’accord inclut plusieurs garanties sur le scrutin.

Le scrutin présidentiel, traditionnellement organisé en décembre, avait été avancé à avril par les autorités électorales. Une décision critiquée par une partie de la communauté internationale et la principale coalition d’opposition, qui a choisi de boycotter l’élection.

Face au président Maduro, qui brigue un nouveau mandat pour rester au pouvoir jusqu’en 2025, se présentent Henri Falcon, militaire à la retraite de 56 ans, et quatre candidats quasi inconnus du grand public.

La coalition de la Table de l’unité démocratique (MUD) avait refusé de présenter un candidat, arguant que le camp présidentiel ne lui avait pas apporté toutes les garanties nécessaires à l’organisation du scrutin.

La MUD réclamait notamment la présence d’observateurs internationaux « indépendants », la tenue du scrutin au « second semestre 2018 », la désignation d’un Conseil national électoral « équilibré », le vote des Vénézuéliens de l’étranger et un égal accès aux médias.

L’accord dévoilé jeudi inclut notamment une requête auprès de l’ONU d’une mission d’observation électorale, l’allongement du délai d’inscription sur les listes électorales pour les Vénézuéliens émigrés et l’« équité dans l’accès aux médias publics et privés, ainsi qu’aux réseaux sociaux ».

Plusieurs gouvernements d’Amérique latine, les États-Unis et l’Union européenne avaient mis en question ces dernières semaines l’élection anticipée du 22 avril, dénonçant un manque de transparence et menaçant de ne pas reconnaître les résultats.

Si des gages ont été accordés, le CNE a aussi confirmé la fin, jeudi, du délai d’enregistrement des candidats, qui devraient donc se limiter aux six déjà inscrits.

« Il s’agit de garantir une élection sur mesure pour Maduro, à la carte. Cela reste un scrutin sans l’opposition qui lui fait concurrence, cela ne change pas », prévient le politologue Luis Salamanca.