Pérou: vers un nouveau procès contre Fujimori

Accusé de crimes contre l'humanité et de corruption, l’ex-président péruvien Alberto Fujimori a été gracié le 24 décembre pour raisons de santé.
Photo: Luka Gonzales Agence France-Presse Accusé de crimes contre l'humanité et de corruption, l’ex-président péruvien Alberto Fujimori a été gracié le 24 décembre pour raisons de santé.

Lima — Un tribunal péruvien a ordonné que l’ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), âgé de 79 ans et récemment gracié, soit à nouveau jugé, pour le meurtre de six paysans en 1992, ont annoncé lundi les autorités judiciaires.

Dans ce dossier, « le droit à la grâce pour raisons humanitaires de l’ex-président Alberto Fujimori ne s’applique pas », ont indiqué les autorités judiciaires sur Twitter, alors que l’ancien chef d’État, qui purgeait une peine de 25 ans de prison pour crimes contre l’humanité et corruption, a été gracié le 24 décembre pour raisons de santé.

Le parquet a ordonné qu’il soit jugé avec 23 autres personnes, dont d’anciens éléments d’un groupe paramilitaire et de l’armée.

Le 29 janvier 1992, alors que le gouvernement Fujimori menait une grande offensive contre la guérilla du Sentier lumineux, des membres du Groupe Colina, composé notamment de militaires, avaient enlevé et assassiné six habitants du village de Pativilca, au nord de Lima.

L’opération était menée par des « escadrons de la mort », lancés par les autorités péruviennes contre la guérilla maoïste.

Les procureurs réclament 25 ans de prison contre Alberto Fujimori, accusé d’enlèvements, homicides et association de malfaiteurs.

L’avocat de l’ex-président, Miguel Pérez, a indiqué à la chaîne de télévision RPP avoir informé son client. « Il est parfaitement calme », a-t-il assuré.

« Maintenant, d’un point de vue légal, un appel est possible, pour avoir une décision définitive en deuxième instance » sur la tenue ou non d’un procès incluant M. Fujimori, a dit l’avocat, qui avait proposé que l’ex-chef d’État comparaisse comme simple « témoin », ce qu’a refusé le tribunal.

La décision du président Pedro Pablo Kuczynski de gracier M. Fujimori avait soulevé une polémique et provoqué plusieurs manifestations de Péruviens. M. Kuczynski est notamment accusé d’avoir négocié politiquement cette mesure en échange de son maintien au pouvoir avec le soutien du mouvement politique fondé par M. Fujimori.