Une baisse record des homicides en 40 ans en Colombie

Jusqu’en 2015, la Colombie était classée comme le 3e pays d’Amérique latine ayant le taux le plus élevé d’homicides.
Photo: Raul Arboleda Agence France-Presse Jusqu’en 2015, la Colombie était classée comme le 3e pays d’Amérique latine ayant le taux le plus élevé d’homicides.

Bogotá — La Colombie va terminer l’année 2017 avec le taux d’homicides le plus bas des quatre dernières décennies, alors qu’elle tente de mettre fin au conflit armé avec les guérillas d’extrême gauche qui déchire le pays depuis plus d’un demi-siècle, selon le gouvernement de Juan Manuel Santos.

La Colombie, qui est également le premier producteur mondial de cocaïne, a enregistré « un peu plus de 11 000 homicides » en 2017, a déclaré mardi le ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas.

« Nous avons atteint cette année un taux de 23 pour 100 000 [habitants] », a-t-il ajouté, en faisant état de 320 homicides en moins que l’an dernier et en affirmant que « cette année restera dans l’histoire comme la plus sûre en quatre décennies ».

L’Institut de médecine légale, qui n’a pas encore publié son rapport annuel, avait fait état de 11 532 homicides en 2016.

Jusqu’en 2015, la Colombie était classée comme le 3e pays d’Amérique latine ayant le taux le plus élevé d’homicides après le Venezuela (57,1) et le Brésil (26,7) contre une moyenne globale de 5,3 pour la planète, selon la Banque mondiale.

Accord de paix

Le gouvernement a présenté ce bilan à la fin d’une année au cours de laquelle la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a déposé ses armes et s’est convertie en formation politique sous le même acronyme, à la suite de l’accord de paix signé en novembre 2016.

Parallèlement, il mène des pourparlers avec l’Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion active du pays en cessez-le-feu bilatéral avec les forces de l’ordre jusqu’au 9 janvier.

Le ministre de la Défense a rappelé que la Colombie avait compté jusqu’à 25 000 homicides par an au cours de la décennie précédente en raison de la guerre interne, et qu’aujourd’hui la plupart des meurtres et assassinats sont dus à des bagarres.

« La principale cause est l’intolérance […] c’est le déclencheur d’une bagarre mortelle. Ce n’est plus en raison du conflit [armé] », a-t-il ajouté.

Bogotá est la ville de Colombie où les homicides ont le plus diminué, avec un taux de 14,2.