Le Venezuela ne se déclarera «jamais» en défaut de paiement, dit Maduro

Les gens font la queue devant un supermarché à Caracas pour acheter des denrées alimentaires et des produits ménagers de base, le 10 novembre.
Photo: Federico Parra Agence France-Presse Les gens font la queue devant un supermarché à Caracas pour acheter des denrées alimentaires et des produits ménagers de base, le 10 novembre.

Caracas — Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a affirmé que son pays ne se déclarerait « jamais » en défaut de paiement, dimanche avant des rendez-vous cruciaux impliquant les créanciers internationaux à propos de l’énorme dette publique que le Venezuela ne parvient plus à rembourser.

« Ils ont spéculé sur le fait que le Venezuela se déclarerait en défaut [de paiement]. Jamais ! Le défaut [de paiement] ne se produira jamais au Venezuela », a asséné M. Maduro dans son intervention télévisée dominicale.

« Le Venezuela aura toujours une stratégie claire, et maintenant notre stratégie est de renégocier et de refinancer toute la dette », a-t-il assuré, martelant : « Que ce soit clair pour tous les créanciers et tous les agents financiers ! »

Le chef d’État a également évoqué les négociations en cours avec la Chine et la Russie, des pays alliés auxquels le Venezuela doit respectivement 28 et 8 milliards de dollars sur une dette publique totale évaluée à 150 milliards de dollars.

Les pourparlers avec Pékin à ce sujet se déroulent « parfaitement » et un accord a été conclu cette semaine avec Moscou en vue de restructurer environ trois milliards de dollars de créances, a-t-il ainsi souligné.

À Caracas, le président Maduro, fragilisé depuis plusieurs mois par une crise économique, politique et humanitaire, a convoqué pour lundi une réunion de créanciers internationaux pour tenter de renégocier la dette.

Les observateurs demeurent réservés sur le succès à attendre de cette rencontre qui aura lieu à 14 h (heure locale), puisque Washington interdit à ses banques et à ses citoyens d’acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords proposés par le gouvernement vénézuélien.

Difficile dès lors d’imaginer que des créanciers américains — selon Caracas, 70 % des détenteurs de bons vénézuéliens sont issus des États-Unis ou du Canada — se rendent à l’invitation de M. Maduro, qui accuse les États-Unis de « persécution financière » visant à asphyxier le Venezuela en raison de son gouvernement socialiste.

De surcroît, les deux personnes désignées par le pouvoir pour renégocier cette dette, le ministre des Finances, Simon Zerpa, et le vice-président, Tareck El Aissami, sont directement frappées par des sanctions empêchant tout Américain de traiter avec eux.

En parallèle, à New York, un comité spécialisé de l’ISDA (Association internationale des produits dérivés) se penchera aussi sur la question vénézuélienne à midi (heure locale).

Ce comité composé de 15 sociétés financières doit décider des suites à donner au retard récemment accumulé par Caracas dans le remboursement d’une somme de 1,16 milliard de dollars, qui vendredi n’avait toujours pas été reçue par les créanciers.

À terme, toutes les agences de notation tablent sur un défaut de paiement du Venezuela, jugeant ses réserves insuffisantes pour tenir. Leurs avis divergent seulement sur les délais.

Un tel défaut aggraverait la récession au pays, dont le PIB a chuté de 36 % en quatre ans.

Maduro reste vague sur les prochaines élections

Il y aura « toujours un bolivarien » à la tête du Venezuela en 2019, après la tenue de l’élection présidentielle, a affirmé dimanche le président vénézuélien, sans préciser s’il s’agirait de lui-même ou d’un membre de son mouvement.
 

Interrogé lors d’un entretien avec la chaîne de télévision espagnole La Sexta diffusé dimanche sur le fait de savoir s’il serait candidat au scrutin prévu pour fin 2018, Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013, a renvoyé la décision au « mouvement bolivarien vénézuélien ».
 

« Je ne m’offre pas, je ne refuse pas. […] Ce que je peux vous dire, c’est qu’ici, au palais [présidentiel] de Miraflores, il y aura toujours un bolivarien au pouvoir. Ça, je peux vous l’assurer. »



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