La ministre Freeland accentue la pression diplomatique sur le Venezuela

En septembre, Chrystia Freeland a annoncé que le Canada avait imposé des sanctions contre 40 figures clés du régime vénézuélien, incluant Nicolas Maduro.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne En septembre, Chrystia Freeland a annoncé que le Canada avait imposé des sanctions contre 40 figures clés du régime vénézuélien, incluant Nicolas Maduro.

Le Canada craint que la tourmente politique et économique au Venezuela entraîne une crise de réfugiés pour le pays sud-américain et ses voisins, a affirmé lundi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Mme Freeland a indiqué qu’elle irait porter ce message avec son homologue du Pérou aux Nations unies à New York, lundi, à la suite de son allocution lors d’une conférence de gens d’affaires à Toronto.

Le Canada et le Pérou ont coprésidé une rencontre de ministres du Groupe de Lima la semaine dernière à Toronto.

Mme Freeland et le ministre péruvien Ricardo Luna ont été envoyés pour s’entretenir avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

À l’exception du Canada, les 12 membres du groupe font partie de l’Amérique latine.

Mais Mme Freeland a soutenu lundi que le Venezuela et le Canada se trouvent dans les mêmes environs géographiques et que le Canada a un rôle à jouer en appuyant les institutions démocratiques du pays et le respect des droits de la personne.

« Je crois en fait […] qu’il s’agit d’une crise humanitaire en plus d’une crise politique. Nous voyons de véritables souffrances pouvant être évitées pour la population du Venezuela », a déclaré Mme Freeland au Forum mondial de Toronto, avant de prendre la route de New York pour la rencontre aux Nations unies.

« Et je crois […] qu’il y a également des indices croissants d’une crise régionale de réfugiés. La Colombie et le Brésil font face à beaucoup de pressions. Alors j’estime qu’il s’agit d’un secteur où le Canada se doit d’être très investi », a-t-elle ajouté.

La chute considérable des prix du pétrole à l’échelle mondiale depuis la fin de 2014 et la dévaluation de la monnaie vénézuélienne ont alimenté une inflation monstre ayant causé des pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres biens de première nécessité.

Le gouvernement du président Nicolas Maduro, qui a succédé au socialiste Hugo Chávez, a aussi été accusé d’abus de pouvoir en raison de la création d’une nouvelle assemblée constituante s’attribuant l’autorité suprême sur les autres branches du gouvernement, incluant l’Assemblée nationale où l’opposition est majoritaire.

En septembre, Mme Freeland a annoncé que le Canada avait imposé des sanctions contre 40 figures clés du régime vénézuélien, incluant M. Maduro, qui a contribué, selon elle, à miner la stabilité du pays.

La ministre a affirmé lundi que le soutien d’alliés aiderait à faire davantage pression sur le Venezuela.

3 commentaires
  • Gilbert Troutet - Abonné 30 octobre 2017 20 h 39

    La ministre Freeland serait-elle une alliée de Donald Trump ??

    À lire ce papier de la Presse canadienne, on peut se demander si le gouvernement canadien serait devenu un allié de Donald Trump pour déstabiliser le Venezuela. Depuis la mort de Chavez, qui a permis au Venezuela de faire des progrès considérables, l'opposition de droite et d'extrême-droite use de toutes les moyens, y compris les plus violents, pour renverser le gouvernement. La tactique habituelle est connue, qui consiste à affamer le peuple pour le pousser à la rébellion en accusant le pouvoir en place d’être la cause de son malheur afin de le renverser. C'est le scénario qui avait permis de renverser Allende au Chili pour le remplacer par Pinochet.

    On comprend l'intérêt des États-Unis pour ce pays qui a des réserves de pétrole considérables, quasiment à sa porte. La CIA avait orchestré déjà un coup d'État en 2002, qui a heureusement échoué. Donald Trump aimerait bien installer au Venezuela un régime à sa solde et la propagande que véhiculent nos grands médias depuis plusieurs mois amène de l'eau à son moulin. Il est décevant d'entendre la ministre Freeland entonner la même antienne.

  • Marie Nobert - Abonnée 31 octobre 2017 00 h 30

    On carbure au «gaz», mais...

    Sans commentaire.

    JHS Baril

  • Rodrigo J. Mendoza T. - Abonné 31 octobre 2017 17 h 07

    L'idéologie est parfois le rempart de la tyrannie.

    C’est révoltant comme des gens totalement éloignés des souffrances d’une population et n’ayant la moindre idée de circonstances historiques et politiques d’un peuple, se sentent autorisés à entonner de rengaines idéologiques, pour essayer de laver la figure d’un régime qui a conduit toute une société à la ruine et à un recul qui ne semble jamais finir. C’est quelque chose de grave – et triste – diluer les faits dans des convictions politiques, confondre le prêche abstrait de convictions et de valeurs avec les conditions réelles de vie des gens. Stalin fût aussi ténu en héros assez longtemps par des malades d’idéologie.