Chili: l’avortement thérapeutique autorisé

Santiago du Chili — La présidente socialiste chilienne, Michelle Bachelet, a promulgué jeudi la loi emblématique dépénalisant l’avortement thérapeutique, mettant fin à près de 30 ans d’interdiction totale de l’IVG dans ce pays très conservateur. Adopté en août au parlement, après deux ans et demi de débats et de navette entre les deux chambres, le texte avait dû passer par le Tribunal constitutionnel, saisi par la droite conservatrice qui invoquait une atteinte au principe du droit à la vie figurant dans la Constitution. L’avortement devient possible dans trois cas précis : pour les femmes dont la vie est en danger, pour les victimes de viols et pour les femmes dont le foetus est jugé non viable. Cette dépénalisation, soutenue selon des sondages par 70 % de la population, marque un changement de société majeur au Chili, l’un des derniers pays développés à avoir reconnu le divorce en 2004. Officiellement, le Chili enregistre chaque année quelque 30 000 avortements provoqués ou spontanés, mais les interruptions clandestines pourraient être de l’ordre de 160 000.