«Irma» cause d'importants dégâts à Saint-Martin et Saint-Barthélémy

La baie Nettle à Marigot, dans l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin
Photo: Lionel Chamoiseau Agence France-Presse La baie Nettle à Marigot, dans l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin

L’ouragan Irma, « d’une intensité sans précédent sur l’Atlantique », a frappé mercredi l’île française de Saint-Barthélemy et l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin, provoquant d’importants dégâts matériels, et menaçait désormais Puerto Rico, voire Haïti et la Floride.

L’ouragan de catégorie 5, soit le maximum sur l’échelle permettant de mesurer l’intensité des ouragans, se déplace vers l’ouest-nord-ouest à 22 km/h et menace désormais Anguilla, les îles Vierges britanniques, la pointe est de Puerto Rico et peut-être Haïti.

L’œil du cyclone, d’environ 50 km de diamètre, est resté environ 1 h 30 sur Saint-Barthélemy avant de toucher Saint-Martin. La mer « déferle avec une extrême violence » sur les rivages, et il y a « submersion majeure des parties basses du littoral », souligne Météo France, qui a fait état de rafales de 360 km/h.

Voyez l'ouragan Irma balayer Saint-Martin.

 

Les dégâts matériels sont « déjà importants », a déclaré Annick Girardin, la ministre française des Outre-mer, évoquant des « toitures arrachées » et exprimant sa « plus forte inquiétude » pour les deux îles, où environ 7000 personnes ont refusé de se mettre « à l’abri ».

Elle a annoncé sur Twitter son départ mercredi soir pour la Guadeloupe « avec de nouveaux renforts humains et matériels pour la zone ».

   

À Saint-Martin, « quatre bâtiments, qui étaient les plus solides, ont été détruits donc cela veut dire que, vraisemblablement, les bâtiments qui étaient plus rustiques sont partiellement ou totalement détruits », a averti le ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, précisant qu’il n’y avait pas de « pertes humaines » signalées « pour le moment ».

Un journaliste de la radio RCI International, dans un hôtel de Marigot à Saint-Martin, a évoqué sur Facebook une « situation catastrophique ».

Sur la partie néerlandaise de cette île, les médias locaux ont parlé de « dégâts colossaux ». Sur des images vidéo, on pouvait voir des voitures à moitié submergées et des bateaux échoués.

À Saint-Barthélemy, « les vents s’intensifient, la maison tremble », a souligné Bruno, 57 ans, joint au téléphone. Lui qui a déjà connu Hugo, Marylin, Luis, Gonzalo et Georges, estime qu’« au bruit, Irma est bien plus violente que Gonzalo ou Marylin ».

L’ouragan, qui a contraint l’avion transportant le pape François en Colombie à modifier son plan de vol, avait auparavant touché l’île de Barbuda, accompagné de vents atteignant 295 km/h, selon le Centre américain des ouragans (NHC).

« Nous recevons des informations sur des toitures arrachées à Barbuda » ainsi qu’à Antigua, ont déclaré les services de secours sur place.

L’ouragan, de la taille de la France, semble en revanche avoir épargné l’île française de la Guadeloupe, plus au sud dans les Antilles, où l’alerte rouge au cyclone a été levée mercredi matin.

 

« Déjà un ouragan historique »

Irma « est d’ores et déjà un ouragan historique » et « d’une intensité sans précédent sur l’Atlantique », selon Météo France.

Il est désormais plus puissant que les ouragans Luis (1995, St-Martin), Hugo (1989, 15 morts en Guadeloupe) et Harvey, qui a récemment frappé le Texas et la Louisiane, y faisant au moins 42 morts et pour plus de 100 milliards de dégâts matériels.

Pour la suite, il y a « une incertitude plus marquée » concernant la Floride, relève Jérôme Lecou, de Météo France. Irma touchera-t-elle la côte ouest ? Ou la côte est ? « Les deux scénarios restent plausibles », souligne l’analyste.

Donald Trump a placé les Îles Vierges américaines, Puerto Rico et la Floride en état d’alerte. L’évacuation des îles de Key West, dans l’extrême sud de la Floride, est déjà en cours.

« Je surveille l’ouragan de près. Mon équipe, qui a fait et fait un très bon travail au Texas, est déjà sur place en Floride », a twitté le président américain.

   

En revanche, en Haïti, toujours pas remis de l’ouragan Matthew d’octobre dernier, la population était à peine prévenue de la possible arrivée d’Irma. L’AFP a pu constater que dans les quartiers pauvres de la deuxième ville de ce pays, Cap-Haïtien, avec leurs abris aux toits de tôle qui ne résisteront pas à des vents trop violents, personne n’était au courant.

Le milliardaire Richard Branson s’est quant à lui dit bien décidé à ne pas quitter son île privée — Necker Island —, dans les Îles Vierges britanniques.

« Nous nous réfugierons dans le cellier en béton sous la maison », a-t-il twitté.

   

Air Transat évacue ses passagers en République dominicaine

À l’approche de l'ouragan Irma, la compagnie aérienne Air Transat a annoncé mardi soir procéder à l’évacuation de tous ses passagers de la République dominicaine.

Pour y arriver, Air Transat dit avoir envoyé un total de 10 avions vers la République dominicaine, soit sept avions vers Punta Cana, deux vers Puerto Plata et un vers Samana.

Tous les appareils devraient arriver en République dominicaine mercredi avant-midi, a indiqué l’entreprise par communiqué.

Les voyageurs devraient être de retour au Canada mercredi soir au plus tard, a ajouté Air Transat.

Plus de 2000 passagers sont concernés, selon la compagnie, qui dit continuer de suivre de près l’évolution de l’ouragan Irma.

Par ailleurs, les vols d’Air Transat prévus, jeudi, à destination de Punta Cana aux départs de Toronto et Montréal sont annulés.

Les voyageurs qui devaient partir dans les prochains jours pour la République dominicaine, Cuba ou Haïti devraient aussi vérifier auprès d’Air Transat puisque la compagnie aérienne indique sur son site Internet que « la politique Ouragan de Transat est mise en place pour les vols jusqu’au 11 septembre 2017 ».

1 commentaire
  • Gérard Garnier - Inscrit 6 septembre 2017 08 h 20

    Un ancien habitant des Antilles

    Dernières nouvelles par téléphone des îles du nord des Antilles : nuit un peu agitée en Guadeloupe mais les lignes téléphoniques ne sont même pas coupées, ce qui vu leur état est bon signe. Par contre, sérieux "coup de tabac" sur St Bart, St Martin, San Marteen et Barbuda (ne pas confondre avec Barbade). La catastrophe annoncée est en train de se produire.