L’Assemblée constituante du Venezuela veut juger des opposants pour «trahison»

Le président du Parlement et chef de l'opposition vénézuélienne, Julio Borges (au centre), et le vice-président du Parlement, Freddy Guevara, lors d'une session parlementaire à Caracas, mardi
Photo: Federico Parra Agence France-Presse Le président du Parlement et chef de l'opposition vénézuélienne, Julio Borges (au centre), et le vice-président du Parlement, Freddy Guevara, lors d'une session parlementaire à Caracas, mardi

Caracas — L’Assemblée constituante vénézuélienne a décidé mardi de faire traduire en justice pour « trahison » les opposants qui ont, selon elle, encouragé les sanctions financières des États-Unis annoncées vendredi contre le pays.

Réunis en session à Caracas, les membres de cette institution qui détient les pleins pouvoirs ont approuvé un décret ouvrant la voie à « un procès historique pour trahison de la patrie contre ceux qui ont encouragé ces actions immorales contre les intérêts du peuple vénézuélien ».

Le texte ne mentionne aucun nom mais les intervenants ont accusé l’opposition, et plus particulièrement le président du Parlement, Julio Borges, et son vice-président Freddy Guevara.

Demande d’enquêtes

L’Assemblée a demandé aux services de l’État d’ouvrir immédiatement des enquêtes pour déterminer la responsabilité des accusés.

Le président socialiste Nicolas Maduro avait accusé vendredi M. Borges d’avoir fait du « lobbyisme » pour les sanctions américaines lors de voyages à l’étranger et avait réclamé qu’il soit jugé, ainsi que d’autres dirigeants de l’opposition, pour « trahison de la patrie ».

Le code pénal vénézuélien prévoit une peine de 20 à 30 ans de prison pour crime de trahison.

Le Parlement est la seule institution vénézuélienne contrôlée par l’opposition. L’Assemblée constituante s’est attribué l’essentiel de ses pouvoirs.

Sanctions américaines

Les États-Unis et une douzaine de pays d’Amérique latine ont refusé de reconnaître la légitimité de la nouvelle Assemblée constituante voulue par M. Maduro et inaugurée en août malgré le boycott de l’opposition et les critiques internationales.

Déterminé à démontrer que les États-Unis ne resteraient pas immobiles face à la crise dans ce pays, le président américain Donald Trump a imposé vendredi de nouvelles sanctions au Venezuela — les premières frappant le pays en tant que tel — visant à restreindre l’accès aux capitaux étrangers dont il a un besoin crucial pour éviter un défaut de paiement.

La coalition de l’opposition au Venezuela avait apporté dimanche soir son appui aux nouvelles sanctions américaines contre le gouvernement de Nicolas Maduro.

1 commentaire
  • Rodrigo J. Mendoza T. - Abonné 30 août 2017 09 h 26

    Des trahisons.

    Le régime continue à accroître la longue liste de preuves de son caractère pervers et rageusement opposé à l'esprit démocratique ou tout simplement politique. Le chavisme ne supporte aucune dissidence, malgré que ses appuis se soient réduits au noyau dure de clients et bénéficiaires. Après des années de tout genre d'abus, de destruction sistématique de la vie institutionnelle el économique du pays, le régime aspire à l'obéissence soumise. La vérité est que ils ont trahi tout principe du vivre-ensemble, qu'ils ont baffoué les normes démocratiques les plus élémentaires. Voilà qu'une fois de plus, les chavistes attribuent à autrui leurs plus lourdes manquements.
    Ils se confient aux réflexes des catéchistes de l'anti-impérialisme, qui préfèrent l'idélogie aux souffrances des gens.