Bogotá veut une trêve «vérifiable» de l’ELN

Le négociateur en chef du gouvernement colombien, Juan Camilo Restrepo
Photo: Dolores Ochoa Associated Press Le négociateur en chef du gouvernement colombien, Juan Camilo Restrepo

Bogotá — Il n’y aura pas de cessez-le-feu bilatéral sans trêve « vérifiable » de l’ELN, dernière guérilla active en Colombie, a prévenu dimanche le négociateur en chef du gouvernement colombien, Juan Camilo Restrepo.

Après avoir négocié pendant quatre ans avec les FARC, principale guérilla du pays avec laquelle il a signé un accord de paix en novembre, le gouvernement de Bogotá a entamé en février des pourparlers avec l’ELN, espérant parvenir à une « paix complète » en Colombie.

« Ce qui est clair, c’est qu’il n’y aura pas de cessez-le-feu bilatéral tant que l’ELN n’accepte pas une cessation des hostilités vérifiable », a écrit M. Restrepo sur Twitter.

Le chef des négociations de paix pour la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste) en Colombie, Pablo Beltran, avait assuré vendredi à l’AFP en Équateur que les deux parties étaient proches d’un accord pour « un cessez-le-feu temporaire » avant la visite du pape en septembre.

Il avait toutefois précisé que, durant ce cessez-le-feu, l’ELN suspendrait ses opérations offensives, mais pas « défensives ».

Il avait également demandé que « le gouvernement rompe ses liens avec les paramilitaires » et souhaité « un arrêt des attaques et des persécutions visant les dirigeants syndicaux, environnementaux, et les défenseurs des droits de la personne ».

Le président colombien, Juan Manuel Santos, a posé comme condition, pour parvenir à un accord de cessez-le-feu, la fin de certaines pratiques de la guérilla, comme les enlèvements, les attaques contre des infrastructures et les extorsions de fonds.

En 2016, 127 militants sociaux ont été assassinés, la plupart dans les territoires de présence historique des FARC, selon l’ONU, qui estime que des dissidents de la guérilla, des anciens paramilitaires, des criminels de droit commun et l’ELN sont derrière ces meurtres.

Un troisième cycle de négociations avec le gouvernement doit démarrer à Quito le 24 juillet prochain.