Les FARC, des armes à la politique

Après avoir conclu officiellement leur désarmement mardi, les Forces armées révolutionnaires de Colombie ont désormais pour objectif de créer un parti politique.
Photo: Fernando Vergara Agence France-Presse Après avoir conclu officiellement leur désarmement mardi, les Forces armées révolutionnaires de Colombie ont désormais pour objectif de créer un parti politique.

Bogotá — Si la guérilla colombienne des FARC a fini cette semaine de déposer les armes, il lui reste encore un long chemin pour devenir une véritable force politique dans un pays qui la regarde encore avec méfiance.

Après avoir conclu officiellement leur désarmement mardi, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) ont désormais pour objectif de créer un parti politique, bien loin de l’insurrection armée qu’elles avaient lancée en 1964. Elles se réuniront en congrès en août prochain pour se constituer en parti.

« Le plus grand défi est que ce parti politique qui naîtra soit accueilli par les autres partis, qu’ils aient envie de nouer des alliances avec lui, de former des coalitions, explique l’analyste politique Angelika Rettberg. Mais un défi encore plus grand est de parvenir à ce que les gens veuillent voter pour lui. »

Car, comme le rappelle cette professeure de l’Université des Andes, « il y a une très mauvaise opinion des FARC et de leur héritage historique, et convaincre les Colombiens qu’ils ont réalisé une transition non seulement dans leurs actions, mais aussi dans leur compréhension de la relation État-citoyens sera un défi important des prochaines années ».

Selon un sondage Gallup effectué en mai, les FARC recueillaient encore 82 % d’opinions défavorables dans le pays et 65 % estimaient que la guérilla « ne respecterait pas » l’accord de paix historique signé en novembre dernier.

Le professeur Alvaro Villarraga, directeur du Centre de la mémoire historique, se veut optimiste : en adoucissant certaines de leurs postures, les anciens guérilleros, qui ont un minimum de dix sièges assurés au Congrès des députés selon l’accord de paix, peuvent « créer une nouvelle dynamique politique en Colombie, surtout à gauche ».