Le président péruvien propose un arbitrage international

Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski propose de régler la crise politique au Venezuela par «une sorte d’arbitrage».
Photo: Martin Mejia Associated Press Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski propose de régler la crise politique au Venezuela par «une sorte d’arbitrage».

Madrid — Le président péruvien propose la création d’une commission internationale d’arbitrage pour régler la crise au Venezuela une fois que « tous les prisonniers politiques » y auront été libérés, dans un entretien publié dimanche par El Pais.

« La question fondamentale est que soient libérés tous les prisonniers politiques », au nombre de 186 selon l’ONG vénézuélienne Foro Penal, a déclaré le président Pedro Pablo Kuczynski dans un entretien accordé au journal deux semaines auparavant, pour préparer la visite qu’il entame lundi en Espagne.

« Sans cela, il n’y a aucun dialogue possible », dit M. Kuczynski, grand détracteur du régime socialiste de Nicolas Maduro.

Une fois cette condition remplie, le président péruvien propose de régler la crise politique au Venezuela par « une sorte d’arbitrage ».

« On peut faire [en sorte] que trois pays amis de la démocratie nomment des représentants et trois pays de l’autre côté nomment aussi des gens. Cuba, le Nicaragua, la Bolivie et le Pérou, le Chili, la Colombie ou le Brésil. Et que l’on fasse une sorte d’arbitrage. »

« Ce devrait être des personnalités d’un très grand prestige, disposées à s’asseoir pendant des semaines ou des mois et trouver un terrain d’entente et une transition. Évidemment ils ne le feraient pas au Venezuela », dit-il, proposant l’île néerlandaise de Curaçao au large des côtes vénézuéliennes.

Crise continue

Le Venezuela, plongé depuis plusieurs mois dans une grave crise politique, est secoué par des manifestations d’opposants réclamant des élections anticipées qui ont fait 66 morts depuis début avril.

Nicolas Maduro a proposé un projet de réforme constitutionnelle que l’opposition rejette, estimant qu’il s’agit d’une manoeuvre de l’impopulaire président pour se maintenir au pouvoir.

Les dernières discussions entre gouvernement et opposition, promues par l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) et sous l’égide du Vatican, ont échoué fin 2016.