Faible mobilisation pour les manifestations anti-corruption au Brésil

Des manifestations étaient organisées dans la plupart des grandes villes du pays, avec une mobilisation souvent plus faible que prévu, malgré le beau temps.
Photo: Evaristo Sa Agence France-Presse Des manifestations étaient organisées dans la plupart des grandes villes du pays, avec une mobilisation souvent plus faible que prévu, malgré le beau temps.

Plusieurs milliers de brésiliens sont descendus dans les rues dimanche pour protester contre l’impunité des politiciens corrompus, mais la mobilisation était bien moins forte que lors des derniers rassemblements de ce type.

« Nous ne voulons pas d’un gouvernement qui ne représente plus la société. Il faut punir les corrompus et construire un nouveau Brésil », a affirmé Teresa Kohler, 51 ans, lors d’un rassemblement sur la promenade de la célèbre plage de Copacabana à Rio de Janeiro.

Selon les journalistes de l’AFP présents sur place, plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées à Rio et São Paulo et plusieurs centaines sur l’Esplanade des Ministères de Brasilia.

La plupart sont des blancs et originaires des quartiers aisés qui revêtent souvent des maillots jaunes de l’équipe nationale brésilienne de football, loin du rouge des mouvements syndicaux, mobilisés il y a deux semaines contre la réforme des retraites du gouvernement du président conservateur Michel Temer.

D’autres manifestations étaient organisées dans la plupart des grandes villes du pays, avec une mobilisation souvent plus faible que prévu, malgré le beau temps. Sur la plage de Copacabana, il y avait bien plus de gens sur le sable que dans la rue en train de manifester.

« Je suis en peu déçu parce qu’il n’y a pas beaucoup de gens. Nous, les Brésiliens, on reste parfois un peu les bras croisés, mais ça ne veut pas dire qu’on est satisfaits. Personne n’est satisfait de ces politiciens qui ne pensent qu’à eux-mêmes », s’est insurgé Marcos Pires, 51 ans, qui défilait à São Paulo.

Le message d’abord

Malgré la faible affluence, Rogerio Chequer, leader du mouvement Vem Pra Rua (« Sors dans la rue »), qui a convoqué les manifestants, a affirmé à l’AFPTV que « l’important, c’est que le message soit passé, faire du chiffre n’était pas notre objectif principal ».

L’année dernière, son mouvement avait pourtant rassemblé à plusieurs reprises des millions de personnes, contribuant notamment à la chute de la présidente de gauche Dilma Rousseff, destituée pour maquillage des comptes publics.

Depuis, les scandales ont continué à secouer la politique brésilienne, au rythme des révélations explosives de l’enquête sur le trucage des marchés publics de la compagnie pétrolière d’État Petrobras, par le biais d’un vaste système de pots-de-vin alimentant entre autres les caisses noires des partis.

Selon plusieurs analystes, les affaires à répétition commencent à lasser les Brésiliens, plus inquiets par la situation économique du pays, plongé dans la pire récession de son histoire, avec près de 13 millions de chômeurs.

Simon Abuhab, chef d’entreprise de 79 ans, manifestait dimanche à São Paulo avec une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard ».

« Le gouvernement Temer essaie bien de régler les problèmes, mais il ne peut pas le faire tout seul. Il faut une refonte du système, en commençant par le Parlement », réclamait-il.

« Je suis déçue par tous les politiciens. J’avais manifesté contre Dilma Rousseff, parce que j’espérais que les choses pouvaient changer, mais le gouvernement Temer ne me convient pas non plus », déplorait Tatiana Penachio, étudiante de 34 ans qui manifestait aussi à São Paulo.