L’aide humanitaire peine à arriver aux sinistrés

Une femme et son fils occupent ce qu’il reste de leur demeure détruite par l’ouragan dans la ville côtière de Jérémie.
Photo: Dieu Nalio Chery Associated Press Une femme et son fils occupent ce qu’il reste de leur demeure détruite par l’ouragan dans la ville côtière de Jérémie.

Des denrées alimentaires et des médicaments étaient acheminés par hélicoptères, lundi, dans les régions du sud-ouest d’Haïti dévastées par l’ouragan Matthew, alors que l’on tente de venir en aide à certaines localités isolées qui sont toujours difficiles à atteindre.

Des villages sont toujours sans électricité, la nourriture se fait rare et les autorités ont raconté que de jeunes hommes dans des villages séparant les villes de Les Cayes et Jérémie, toutes deux durement touchées, tentaient de barrer le chemin aux convois transportant des denrées avec des rochers et des branches disposés sur les routes.

Un homme armé a attaqué un convoi qui se trouvait dans une vallée reculée d’un village ayant été en proie à un glissement de terrain, a indiqué le coordonnateur de l’Agence de protection civile du département de Grande-Anse, Frednel Kedler.

Bilan alourdi

Le bilan des morts a continué d’être revu à la hausse, le décompte variant toutefois selon les sources. Les bureaux de l’Agence nationale de protection civile, à Port-au-Prince, font état de 372 victimes, dont 198 dans le département de Grande-Anse. Les autorités locales de cette région parlent plutôt d’au moins 500 décès.

Lundi, l’ONU a lancé un appel d’urgence, estimant que les besoins en aide humanitaire s’élèvent à environ 120 millions de dollars américains. Plus de 1,4 million de résidants de Grande-Anse ont besoin d’une aide immédiate et 2,1 millions de personnes au total ont été touchées par le passage de l’ouragan, selon les responsables des Nations unies sur place. Quelque 175 000 personnes étaient toujours dans des refuges, lundi.

La menace du choléra

Les inquiétudes quant à une possible recrudescence du choléra continuent par ailleurs de se multiplier. Seulement à Jérémie, 40 cas ont été recensés, a affirmé un membre de l’Agence de protection civile, Roosevelt Zamos. Huit personnes sont, selon lui, mortes des suites de la maladie depuis le passage de Matthew. Le centre de traitement du choléra de l’hôpital principal de Jérémie — qui était bondé de citoyens dans l’attente — n’avait pas l’eau courante, lundi. Au moins une dizaine des personnes rassemblées étaient âgées de moins de 10 ans. Le médecin-chef du centre de traitement du choléra du ministère haïtien de la Santé, Thiery François, n’a pas été en mesure d’indiquer combien de nouveaux cas de choléra sont survenus depuis près d’une semaine. Le bilan est difficile à établir pour les régions isolées, a-t-il ajouté.

Aux États-Unis

En outre, dimanche, l’ouragan a provoqué d’importantes inondations en Caroline du Nord, alors que le bilan des morts en sol américain s’élevait à au moins 17. Près de la moitié des décès sont survenus en Caroline du Nord. Le gouverneur de l’État Pat McCrory a dit craindre que la région soit en proie à une « destruction majeure ».

Les autorités commençaient, au matin, à prendre conscience des dégâts laissés par le passage de Matthew, la veille. Plus de 880 personnes ont été sauvées des eaux par la police en Caroline du Nord, a indiqué M. McCrory, dont 600 dans les environs de Fayetteville. Quatre personnes sont portées disparues dans cette localité où le niveau de l’eau a rapidement grimpé, a ajouté le gouverneur.

La firme d’assurances de propriétés CoreLogic a estimé que le passage deMatthew aux États-Unis aura causé des dégâts matériels évalués entre 4 et 6 milliards de dollars.

Christine St-Pierre lance un appel aux Québécois

Le gouvernement du Québec, qui a dégagé des sommes totalisant un demi-million de dollars pour venir en aide à Haïti, dévasté par l’ouragan Matthew, souhaite que la population québécoise contribue également aux opérations de secours menées dans ce pays. La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, souligne que plusieurs organismes québécois travaillent actuellement, dans des conditions difficiles, pour venir en aide aux sinistrés et pour répondre à leurs besoins fondamentaux, qui sont considérables.

Les dons recueillis ou les sommes versées par le gouvernement vont à des organismes de coopération internationale qui oeuvrent déjà en Haïti dans le cadre de projets de développement ou d’opérations humanitaires.

La ministre St-Pierre rappelle qu’Haïti est un pays prioritaire pour le Québec en matière de solidarité internationale. Elle demande aux Québécois de « mettre l’épaule à la roue » et de faire des dons aux organismes impliqués.