Destitution de Rousseff: ultimes débats avant le vote

L’avocat de la défense et ancien ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, a affirmé que Dilma Rousseff était menacée de destitution.
Photo: Andressa Anholete Agence France-Presse L’avocat de la défense et ancien ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, a affirmé que Dilma Rousseff était menacée de destitution.

Le procès en destitution de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, était mardi dans sa dernière ligne droite au Sénat avant un vote historique mercredi qui, sauf immense surprise, éjectera du pouvoir la gauche dans le plus grand pays d’Amérique latine.

Au cinquième jour de ce procès, la séance a commencé avec les plaidoiries parfois théâtrales des avocats de l’accusation et de la défense.

L’avocat de la défense et ancien ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, a affirmé que Dilma Rousseff était menacée de destitution « pour avoir remporté une élection qui contrariait des intérêts et parce qu’elle n’a pas tenté d’empêcher les enquêtes sur la corruption ». L’opposition « a utilisé des prétextes » pour lancer cette procédure, a-t-il assuré.

Vote mercredi

Avant lui, l’avocate de l’accusation, Janaina Paschoal, avait tenté de prouver que Mme Rousseff avait commis des « crimes de responsabilité » en maquillant les comptes publics, et démonter la thèse du « coup d’État » institutionnel avancée par l’ancienne guérillera de 68 ans.

« La destitution est un remède constitutionnel auquel nous devons recourir quand la situation devient particulièrement grave et c’est ce qui s’est passé », avait lancé d’emblée l’avocate avant d’invoquer Dieu pour dire que cette procédure « est née de la rue ». « C’est Dieu qui a fait en sorte que plusieurs personnes en même temps se soient aperçu de ce qui se passait dans le pays », a-t-elle estimé. Dans un style théâtral, elle avait conclu en larmes sa plaidoirie devant les 81 sénateurs en demandant pardon pour « la souffrance » qu’elle a causée à Mme Rousseff.

Après une pause déjeuner, les sénateurs chargés d’instruire ce procès, sous la direction du président du Tribunal suprême fédéral, Ricardo Lewandowski, ont commencé à prendre la parole pour s’exprimer avant le vote final mercredi. Ils disposent de 10 minutes chacun et 66 d’entre eux se sont inscrits.

Selon la défense

Pour la défense de Mme Rousseff, tous ses prédécesseurs ont eu recours à ces manoeuvres fiscales et il s’agit donc d’un complot orchestré par l’opposition de droite, sous la baguette de son ancien vice-président devenu rival, Michel Temer, 75 ans.

Si elle est destituée, ce dernier la remplacera jusqu’aux prochaines élections présidentielle et législatives fin 2018, malgré son casier — une condamnation pour dons excessifs à des campagnes électorales — qui l’a rendu inéligible pour huit ans.