Un ministre brésilien se porte à la défense de la présidente Dilma Rousseff

Dilma Rousseff, 68 ans, première femme élue à la tête du Brésil, est accusée d’avoir maquillé les comptes publics.
Photo: Andressa Anholete Agence France-Presse Dilma Rousseff, 68 ans, première femme élue à la tête du Brésil, est accusée d’avoir maquillé les comptes publics.

Brasília — Un ancien ministre de Dilma Rousseff a assuré samedi que la présidente brésilienne n’avait rien commis d’illégal et ne pouvait donc être écartée du pouvoir, lors du procès en destitution de la dirigeante.

« Il n’y a rien d’illégal » dans les pratiques budgétaires pour lesquelles elle est poursuivie, a affirmé Nelson Barbosa, qui était son ministre de l’Économie, devant le Sénat qui instruit le procès. « Vous ne pouvez pas agir rétroactivement avec une nouvelle interprétation de la loi. »

Dilma Rousseff, 68 ans, première femme élue à la tête du Brésil, est accusée d’avoir maquillé les comptes publics pour camoufler un déficit trop important et signé des décrets engageant des dépenses imprévues sans l’accord préalable du Parlement, pratique à laquelle ses prédécesseurs ont tous eu recours.

Elle est suspendue de ses fonctions depuis le 12 mai et son procès en destitution s’est ouvert jeudi.

L’issue, attendue mardi ou mercredi, ne fait guère de doute, une nette tendance se dégageant en faveur de la destitution, qui requiert un vote des deux tiers des sénateurs, soit 54 sur 81.

Samedi, le Sénat entendait les trois derniers témoins de la défense, après en avoir déjà entendu trois vendredis : il s’agit notamment d’anciens ministres et d’experts en économie ou en droit.

Les sessions se déroulent dans une ambiance parfois houleuse et vendredi plusieurs sénateurs ont échangé des insultes et failli en venir aux mains.

Lundi, Dilma Rousseff, qui clame son innocence et crie au « coup d’État » institutionnel, viendra en personne se défendre au Sénat, accompagnée de son mentor politique, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

Si elle est destituée, c’est son ancien vice-président devenu rival, Michel Temer (PMDB, centre droit) qui restera aux manettes jusqu’aux prochaines élections présidentielles et législatives fin 2018, après avoir déjà assuré l’intérim depuis mai.

L’éviction de Dilma Rousseff mettrait fin à 13 ans de gouvernements du Parti des travailleurs (PT, gauche) à la tête de la première économie d’Amérique latine, qui traverse actuellement une récession historique.

La crise politique a été envenimée par le méga scandale de corruption au sein du géant pétrolier Petrobras, qui éclabousse tout autant le PT que le parti de M. Temer et la majeure partie de l’élite politique brésilienne, l’ex-président a également été inculpé vendredi par la police fédérale pour corruption passive et blanchiment d’argent.