Le procès en destitution de la présidente Rousseff est lancé

Dilma Rousseff (droite), qui se défendra personnellement lundi devant le Sénat, clame son innocence, se disant victime d’un «coup d’État» institutionnel.
Photo: Eraldo Peres Associated Press Dilma Rousseff (droite), qui se défendra personnellement lundi devant le Sénat, clame son innocence, se disant victime d’un «coup d’État» institutionnel.

Les sénateurs brésiliens ont lancé jeudi le procès en destitution historique de la présidente Dilma Rousseff, dont la très probable éviction tournerait la page de 13 ans de pouvoir de gauche à la tête de la première économie d’Amérique latine.

Les 81 parlementaires jugeront probablement mardi ou mercredi si l’ex-guérillera de 68 ans, actuellement suspendue, s’est rendue coupable de maquillages des comptes publics et d’avoir signé des décrets engageant des dépenses imprévues sans l’accord préalable du Parlement.

Une nette tendance se dégage en faveur de la destitution — par un vote requis des deux tiers — de Mme Rousseff, première femme élue à la tête du Brésil, qui fut emprisonnée et torturée sous la dictature militaire.

« Ma prévision est que 59 à 61 sénateurs se prononceront pour la destitution », alors que 54 sont requis, a déclaré à l’AFP le sénateur d’opposition Raimundo Lira.

Si les pronostics se confirment, c’est Michel Temer, 75 ans, son ancien vice-président de centre droit devenu rival, qui dirigera le Brésil jusqu’aux prochaines élections présidentielle et législatives fin 2018.

Tout aussi impopulaire que Mme Rousseff, il assure la présidence par intérim depuis qu’elle a été suspendue de ses fonctions le 12 mai par plus des deux tiers des sénateurs.

Le président du Tribunal suprême fédéral (STF) Ricardo Lewandowski, qui dirige les débats conformément à la Constitution, a ouvert le procès de Mme Rousseff dans la matinée en appelant les sénateurs, transformés en « juges » pour l’occasion, à « laisser de côté leurs positions idéologiques et partisanes ».

Mme Rousseff, qui se défendra personnellement lundi devant le Sénat, clame son innocence, se disant victime d’un « coup d’État » institutionnel.