L’épidémie est toujours présente en Amérique latine

Le viorus Zika est transmis par le moustique Aedes aegypti, également vecteur de la dengue et du chikungunya.
Photo: Felipe Dana Associated Press Le viorus Zika est transmis par le moustique Aedes aegypti, également vecteur de la dengue et du chikungunya.

Rio de Janeiro — L’épidémie du virus Zika, qui s’est rapidement propagée en 2015 en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, reste présente dans la région alors que s’ouvrent cette semaine les Jeux olympiques à Rio de Janeiro.

Transmis par le moustique de type Aedes aegypti, également vecteur de la dengue et du chikungunya, et plus rarement par voie sexuelle, le virus peut entraîner selon les experts une malformation congénitale, la microcéphalie, ainsi qu’un grave syndrome neurologique, Guillain-Barré, les deux potentiellement mortels.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’attend à trois, voire quatre millions de cas cette année de Zika, virus pour lequel il n’existe pour l’instant aucun vaccin ni traitement spécifique.

« Même si un déclin de cas d’infection au Zika a été signalé dans certains pays ou régions, la vigilance doit rester élevée », prévient l’organisme, car « à ce stade, selon les données disponibles, il n’y a pas de déclin généralisé de l’épidémie ».

Au 27 juillet, l’OMS recensait 64 pays et territoires touchés par le virus depuis 2015, majoritairement en Amérique latine et dans les Caraïbes, dont 11 signalaient une transmission par voie sexuelle et 14 rapportaient des cas de microcéphalie potentiellement liés à Zika.

Le 25 juillet, une femme porteuse du virus Zika a donné naissance en Espagne au premier bébé en Europe atteint de microcéphalie liée au virus.

Le Brésil, pays le plus touché

Le géant latino-américain a été le plus touché par l’épidémie, avec près de 1,5 million de personnes contaminées et plus d’un millier de bébés nés avec une microcéphalie, dont une cinquantaine morts à cause de cette malformation.

Selon les chiffres diffusés en juin par le ministère de la Santé, le pic de personnes contaminées a été atteint en février (16 059 cas répertoriés). Ils n’étaient plus que 2053 dans la première semaine de mai, soit une réduction de 87 %.

Au 23 juillet, 1749 cas de microcéphalie avaient été confirmés, avec 3062 cas encore suspects. La crainte de contagion a entraîné la défection aux JO de quelques sportifs, dont de nombreux golfeurs de premier plan et quelques joueurs de tennis. Les autorités brésiliennes, minimisant le risque en raison de l’hiver carioca, tablent sur « moins d’un cas d’infection » sur les 500 000 touristes attendus.

La Colombie, deuxième pays le plus touché, a déclaré le 25 juillet la fin de l’épidémie, qui avait touché en dix mois près de 100 000 personnes et entraîné au moins 21 cas de microcéphalie, selon les autorités sanitaires.

Désormais, les nouveaux cas de Zika sont passés sous la barre des 1000 par semaine, soit de 600 à 700. Au total, 99 721 cas ont été recensés dans le pays depuis le début de l’épidémie.

L’épidémie est encore bien présente dans les pays d’Amérique centrale, aux températures tropicales. Le Honduras a annoncé le 2 août un sixième décès lié au syndrome de Guillain-Barré et dix cas de microcéphalie, alors que près de 30 000 habitants ont déjà été contaminés par Zika cette année.