Dilma Rousseff se rapproche de la sortie

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a été suspendue de ses fonctions le 12 mai dernier.
Photo: Evaristo Sa Agence France-Presse La présidente brésilienne Dilma Rousseff a été suspendue de ses fonctions le 12 mai dernier.

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, semblait de plus en plus inexorablement poussée vers la sortie, les sénateurs ayant écrit jeudi, à la veille de l’ouverture des Jeux olympiques de Rio, une des dernières scènes du drame politique qui se joue à Brasília.

Une commission spéciale du Sénat brésilien a en effet voté pour la destitution de Mme Rousseff, la dauphine politique de l’ex-chef de l’État Luiz Inácio Lula da Silva, grâce auquel les JO ont été attribués, en 2009, à Rio de Janeiro.

La présidente de gauche a été suspendue de ses fonctions le 12 mai par la chambre haute et c’est son ancien vice-président devenu son rival, Michel Temer, 75 ans, qui assure depuis l’intérim à la tête de l’État.

Refusant d’être au « second plan », Mme Rousseff, 68 ans, qui est accusée de maquillage des comptes publics, a choisi de boycotter la cérémonie d’ouverture, vendredi à 20 h, dans le mythique stade Maracana.

Son mentor Lula, qui reste à 70 ans l’icône de la gauche brésilienne et caresse des espoirs pour la présidentielle de 2018, n’assistera pas non plus à l’inauguration de « ses » Jeux.

Lula a été rattrapé par l’enquête sur le réseau de corruption au sein du géant pétrolier public Petrobras qui éclabousse son Parti des Travailleurs et une bonne partie de l’élite politique et industrielle du pays : il vient d’être inculpé pour entrave présumée à la justice.

Les JO seront déclarés ouverts par Michel Temer en présence de 45 chefs d’État et de gouvernement.

Celui-ci, qui n’est pas épargné par le scandale Petrobras, avec la démission de trois ministres accusés d’être impliqués, a prévu de faire un discours éclair et s’est « préparé » à être hué.

Vers le jugement final

« Le résultat est de 14 voix contre 5 » en faveur de la destitution de Mme Rousseff, a déclaré jeudi à Brasília le sénateur Raimundo Lira, un partisan de Michel Temer, qui dirige les travaux de la commission spéciale.

Ce vote ouvre la voix au jugement final de la présidente par l’assemblée plénière du Sénat, qui devrait intervenir fin août, quelques jours après la clôture des JO.

Selon la plupart des analystes, Mme Rousseff a peu de chances d’inverser la tendance et de sauver son mandat. L’éclat des JO n’y changera rien, estiment ses partisans.

Si elle est destituée, ce sera la fin de plus de 13 ans de gouvernement du PT.