Un référendum pour conclure la paix?

Bogotá — Le gouvernement colombien a demandé jeudi à la Cour constitutionnelle l’autorisation d’organiser un référendum pour valider l’accord de paix qu’il souhaite nouer cette année avec la guérilla des FARC pour mettre fin au plus vieux conflit armé d’Amérique latine.

« Je veux remettre la paix au peuple, pour que ce soit le peuple qui décide si nous devons continuer sur ce chemin », a déclaré le président Juan Manuel Santons lors d’une audience publique face à la cour.

Le gouvernement, dans la dernière ligne droite des négociations de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), qui se tiennent à Cuba, a promu devant le Congrès une loi pour faire approuver l’accord de paix via un référendum.

Cette loi, une fois approuvée par les parlementaires, devra être également validée par la Cour constitutionnelle, qui avait organisé jeudi une séance publique pour connaître les arguments pour et contre ce plébiscite.

Début mai, la première guérilla du pays s’était déclarée ouverte à une consultation du peuple colombien sur cette question, alors que pendant des années elle avait plutôt plaidé pour une Assemblée constituante pour valider l’accord de paix.

« Les Colombiens doivent avoir le dernier mot », a estimé jeudi le Haut-commissaire pour la paix en Colombie, Sergio Jaramillo, également présent à l’audience.

Les Colombiens voteraient « oui »

Selon un sondage réalisé par l’institut Cifras y Conceptos et diffusé par la radio Caracol, 67 % des personnes interrogées sont disposées à participer à un tel vote, et parmi elles une grande majorité (61 %) voterait pour la paix, 29 % contre.

Depuis plus d’un demi-siècle, le complexe conflit colombien a impliqué guérillas d’extrême gauche, milices paramilitaires d’extrême droite et forces armées, sur fond de violences des narco-trafiquants faisant au moins 260 000 morts, 45000 disparus et 6,8 millions de déplacés.