L’Équateur à nouveau secoué par des répliques sismiques

De fortes répliques secouaient l’Équateur, dévasté par un séisme le 16 avril qui a fait près de 600 morts et plus de 8000 blessés selon un bilan dressé vendredi, alors que l’ONU et la Banque mondiale étaient mobilisées pour apporter une aide financière aux sinistrés.

Des secousses entre 4 et 5,2 de magnitude ont été enregistrées vendredi matin par l’Institut géophysique d’Équateur (IG) quelques heures après deux mouvements telluriques de magnitude 6 et 6,1, ressenties jeudi soir et au cours de la nuit sur la côte Pacifique.

Ces répliques ont été ressenties dans la province de Manabi, la plus affectée par le séisme de magnitude 7,8 de samedi dernier, ainsi que dans celles d’Esmeraldas et Los Rios (ouest), et dans les villes de Santo Domingo, Guayaquil et la capitale Quito.

Le dernier bilan faisait état de 588 morts, 8340 blessés et 130 disparus, a précisé lors d’une conférence de presse Natalia Cardenas, représentante du ministère de la Coordination de la sécurité.

Par ailleurs, 25 931 personnes étaient sans-abri et à ce jour, 113 survivants ont été sortis des décombres de près de 4000 bâtiments détruits ou endommagés, selon les autorités.

Appel aux pays donateurs

L’ONU a lancé un appel aux pays donateurs afin de récolter 72,7 millions de dollars pour aider en urgence 350 000 personnes au cours des trois prochains mois, sur les 720 000 estimées avoir besoin d’assistance.

De son côté, la Banque mondiale a promis vendredi un prêt de 150 millions de dollars pour fournir des infrastructures médicales (hôpitaux mobiles) aux sinistrés.

Le président équatorien, Rafael Correa, avait évalué mercredi les dégâts à environ trois milliards de dollars et annoncé des mesures économiques drastiques, notamment des hausses d’impôts, prévoyant environ un milliard de dollars de recettes supplémentaires pour l’État afin de financer la reconstruction qu’il a qualifiée de longue et coûteuse.

Chaque secousse sème la panique parmi la population, notamment à Manta, station balnéaire populaire et port de pêche, où des familles sont sorties affolées de maisons encore debout. Mais aucun nouveau dégât grave, ni victime n’avait été signalé vendredi, selon les journalistes AFP présents dans la zone.

Autres répliques à prévoir

L’IG a averti que les mouvements telluriques, plus de 500 enregistrés depuis samedi dernier, « pouvaient se poursuivre pendant plusieurs jours, voire semaines ou mois » après le tremblement de terre du 16 avril dont l’épicentre a été localisé à Pedernales, autre station balnéaire de la province de Manabi, à environ 180 km au nord de Manta.

Il s’agit du pire séisme survenu depuis 1979 dans ce pays d’Amérique latine de 16,2 millions d’habitants, dont près de la moitié, selon l’ONU, vit dans les six provinces affectées qui ont été déclarées en état d’urgence.