Les Cubains pourront prendre le large

Les Cubains ne pouvaient jusqu’à présent quitter le pays que par avion.
Photo: iStock Les Cubains ne pouvaient jusqu’à présent quitter le pays que par avion.

Nouveau signe de détente à Cuba dans le cadre du rapprochement avec les États-Unis : les Cubains pourront désormais voyager en bateau, sous certaines conditions, après des dizaines d’années d’interdiction pour lutter notamment contre l’émigration illégale.

Le gouvernement de Raúl Castro a annoncé vendredi la levée des principales restrictions de voyage par voie maritime pour tous les Cubains, qui ne pouvaient jusqu’à présent quitter le pays que par avion.

La mesure entrera en vigueur dès mardi, selon une communication officielle parue dans le journal officiel Granma.

Le gouvernement a décidé d’autoriser « l’entrée et la sortie des citoyens cubains, indépendamment de leur statut migratoire, en tant que passagers ou membres d’équipage » de bateaux de marchandises ou de croisière, précise le texte, ajoutant que les passagers des navires de plaisance seraient bientôt concernés « de manière graduelle ».

En revanche, les autorités cubaines n’évoquent pas explicitement le cas des passagers de traversiers. Les États-Unis ont déjà accordé des licences à certaines compagnies, mais les liaisons demeurent pour l’heure suspendues au feu vert des autorités cubaines.

En place depuis 1959

Les restrictions maritimes cubaines avaient commencé à être imposées peu après l’arrivée au pouvoir des « barbudos » en 1959, d’abord pour juguler les débarquements de Cubains anticastristes soutenus et armés par les États-Unis.

Elles avaient ensuite été renforcées dans la foulée de plusieurs vagues d’immigration illégale, principalement vers les États-Unis. D’abord motivés par le contexte politique dans les années 1960, 70 et 80, ces départs eurent ensuite des motifs principalement économiques.

Cuba a consenti à supprimer ces restrictions de voyages dans le cadre du processus de normalisation des relations avec les États-Unis amorcé en décembre 2014 et scellé en mars par une visite historique de Barack Obama à La Havane, la première d’un président américain en exercice depuis 88 ans.

Ces nouvelles dispositions — auxquelles s’ajoute la reprise des vols commerciaux entre les deux pays prévue cet été après une cinquantaine d’années d’interruption — restent limitées dans leur portée pour les Cubains résidant sur l’île.

Ceux-ci auront toujours besoin de visas pour sortir du pays, s’ils en ont les moyens, et les réservations des croisières ne leur sont pas encore ouvertes.