Le président argentin frappé par la tempête financière

La tempête des Panama Papers a frappé de plein fouet l’Argentine jeudi avec l’ouverture d’une enquête sur le président Mauricio Macri, dont le nom figure sur les registres de sociétés offshore. Cette annonce spectaculaire apparaît comme un revers de taille pour ce président qui prônait pourtant une lutte sans merci contre la corruption.

L’enquête devra notamment déterminer si Mauricio Macri, élu en novembre dernier, a omis de compléter sa déclaration de patrimoine, qui était obligatoire, selon un document du parquet. Mercredi, un député argentin de l’opposition avait déposé plainte pour évasion fiscale contre lui. Le nom du président de centre droit apparaît dans deux sociétés offshore : Fleg Trading Ltd, des Bahamas, qui a existé de 1998 à 2008, et Kagemusha SA, du Panama, créée en 1981.

Depuis le début, le chef de l’État argentin affirme qu’il n’a commis aucune irrégularité et n’a détenu aucune participation dans ces entreprises du groupe Macri, propriété de son père Franco, riche homme d’affaires italien qui a fait fortune en Argentine.

Poutine nie

À l’autre bout de la planète, en Russie, son homologue russe, le président Vladimir Poutine, a balayé jeudi les accusations contre son entourage après les révélations des Panama Papers.

« Quel élément de corruption ? Il n’y en a aucun », a déclaré le chef de l’État, accusant les États-Unis d’être derrière cette vaste enquête.

Les journalistes d’investigation membres du consortium international ICIJ, basé à Washington, « ont passé au peigne fin ces paradis fiscaux, mais votre humble serviteur n’y figurait pas », a-t-il ironisé. « Alors qu’est-ce qu’ils ont fait ? », a demandé M. Poutine, qui s’exprimait publiquement pour la première fois sur le sujet. « Ils ont trouvé certaines de mes connaissances et certains de mes amis » et suggéré que leurs activités « avaient un élément de corruption », a-t-il poursuivi, défendant son ami violoncelliste Sergueï Roldouguine, ciblé par la presse.

Le secteur bancaire est aussi éclaboussé par ce scandale. Deux dirigeants sont ainsi tombés jeudi : le patron de la banque régionale autrichienne Hypo Vorarlberg, Michael Grahammer, et un membre du conseil de surveillance de la banque néerlandaise ABN Amro, Bert Meerstadt.

Au Royaume-Uni, le gendarme financier a donné jusqu’au 15 avril aux banques pour préparer leurs explications sur leurs relations avec Mossack Fonseca.

La pression des derniers jours a poussé le président panaméen à afficher sa volonté de négocier.

« Je lance un appel aux pays de l’OCDE pour qu’ils reviennent à la table des négociations, que nous cherchions un accord, et qu’on n’utilise pas le contexte actuel pour écorner l’image du Panama », a déclaré le président panaméen, Juan Carlos Varela.

Depuis les premières révélations des médias membres du consortium d’investigation ICIJ, le Panama est cloué au pilori à cause de sa législation accommodante pour les montages fiscaux offshore et son attitude à contre-courant de la tendance mondiale vers la transparence fiscale.

Le Panama est critiqué pour son refus d’appliquer un nouveau standard quasi mondial : l’échange automatique d’informations fiscales entre pays, mis récemment en place sous l’impulsion de l’OCDE, l’institution qui pilote ce dossier.



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