La police brésilienne interroge l’ancien président da Silva

L’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et deux de ses fils ont été interrogés par la police vendredi, dans le cadre d’une vaste enquête pour corruption lancée contre le géant des hydrocarbures Petrobras.

La maison de M. da Silva et plusieurs immeubles auxquels est associée la famille ont aussi été perquisitionnés.

La police a visité plusieurs adresses appartenant à M. da Silva, y compris sa résidence de Sao Bernardo do Campo, dans la région de Sao Paulo, et l’Instituto Lula, l’organisme sans but lucratif qu’il a fondé.

M. da Silva a été conduit au poste de la police fédérale à l’aéroport de Congonhas, à Sao Paulo. Le procureur Carlos Fernando dos Santos Lima a déclaré lors d’une conférence de presse que « personne n’est au-dessus de la loi ».

Firmes de construction

M. Lima et les autorités fiscales enquêtent sur des paiements et des dons de 8 millions $ US qui auraient été faits à l’Instituto Lula par d’importantes firmes de construction — qui se retrouvent au coeurs du scandale Petrobras.

Les enquêteurs tentent de déterminer si des travaux et des rénovations effectués à deux résidences appartenant à M. da Silva et sa famille constituaient des faveurs en échange d’avantages politiques.

L’Instituto Lula a fréquemment répété que tous les dons étaient légaux et transparents, et que tous les discours pour lesquels il a été rémunéré ont été prononcés. M. da Silva lui-même s’est défendu, la semaine dernière, de toute corruption personnelle et a prétendu être victime d’une campagne de salissage de la part des médias et de l’opposition.

Des images diffusées par le réseau brésilien O Globo montrent des policiers autour de la maison de Sao Bernardo do Campo ; le réseau a ajouté qu’ils ont aussi visité une adresse associée à un de ses fils. Les images de Globo montrent aussi des affrontements entre les partisans et les adversaires de l’ancien président à l’extérieur de l’appartement de Sao Bernardo do Campo.

Protection

La police dit que M. da Silva a été emmené pour être interrogé pour des raisons de sécurité, afin d’éviter de tels événements.

M. da Silva, un ancien chef syndical connu pour son franc-parler, comptait parmi les leaders brésiliens les plus respectés quand il a quitté le pouvoir en 2010, confiant les rênes du pays à sa successeure désignée, l’actuelle présidente Dilma Rousseff.

Le Parti des travailleurs de l’ancien président a réagi avec colère en lançant sur Twitter une campagne qui qualifie M. da Silva de « prisonnier politique ».

Les perquisitions chez M. da Silva rapprochent aussi l’enquête de Mme Rousseff, même si les deux alliés ont pris leurs distances l’un face à l’autre depuis quelques mois. Si Mme Rousseff n’est encore accusée de rien dans l’affaire Petrobras, elle fait l’objet d’une procédure de destitution au Congrès après que son gouvernement ait apparemment pigé dans les régimes de retraite pour combler un déficit budgétaire. Mme Rousseff réfute ces allégations.

Perquisitions

La police brésilienne a révélé en ligne qu’elle a mené 44 perquisitions, notamment dans les villes de Guaruja et d’Atibaia. M. da Silva aurait aux deux endroits des résidences qui pourraient avoir été rénovées par des entreprises éclaboussées par ce scandale, qui a déjà touché des politiciens influents et des hommes d’affaires puissants.

M. da Silva et sa femme Marisa devaient témoigner dans ce dossier la semaine dernière, mais leur comparution a été annulée à la dernière minute.

La Cour suprême a autorisé jeudi le dépôt d’accusations de corruption contre Eduardo Cunha, un des chefs de file de l’opposition et le président de la chambre basse du Congrès.

Les procureurs prétendent que 2 milliards $US ont été versés en pots-de-vin pour obtenir des contrats de Petrobras. Une partie de l’argent se serait rendue jusqu’aux partis politiques, dont le Parti des travailleurs.