Plus de 37 000 cas en Colombie, dont 6356 femmes enceintes

Bogota — Plus de 37 000 cas de Zika, dont 6356 femmes enceintes, ont été confirmés en Colombie, soit près de 5500 nouveaux cas en une semaine, selon le dernier bilan officiel publié samedi dans le deuxième pays le plus touché après le Brésil.

Le nombre de cas s’élève à 37 011, indique l’Institut national de la Santé (INS) dans son dernier bulletin, qui établit un bilan au 13 février.

En une semaine, l’INS a détecté 5456 nouveaux cas.

Le virus est présent dans 235 villes de Colombie, 44 % dans le centre du pays et 20,9 % dans la zone caribéenne.

Le Zika, transmis par le moustique Aedes aegypti, provoque des symptômes grippaux bénins (fièvre, maux de tête, courbatures). Mais il est aussi soupçonné, quand il touche une femme enceinte, d’entraîner une grave malformation congénitale du foetus, la microcéphalie (réduction du périmètre crânien, néfaste au développement intellectuel).

En Colombie, où le ministère de la Santé a lié le Zika à trois morts du syndrome Guillain-Barré (une maladie neurologique qui peut entrainer une paralysie irréversible ou la mort), les autorités s’attendent à plus de 600 000 personnes infectées par le virus cette année et quelque 500 cas de microcéphalie.

Le Brésil, pays le plus touché, compte déjà plus d’un million et demi de cas.

Le moustique Aedes aegypti a déjà propagé le Zika dans au moins 36 pays, dont 28 en Amérique du Nord et du Sud, et selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus est en train de s’étendre à six autres pays, dont 5 sont situés dans la région Asie-Pacifique : Malaisie, Indonésie, Philippines, Cambodge, Fidji, et un en Afrique, le Gabon.

L'organisation a prévenu que le virus allait s’étendre à tout le continent américain, à l’exception du Canada et du Chili.

 

Accumulation d’indices
 

Il faudra probablement des mois avant de dire avec certitude que le virus Zika provoque des microcéphalies chez les nouveaux-nés, mais les preuves s'accumulent, a aussi annoncé l'OMS vendredi.

« Il y a aujourd’hui une accumulation croissante d’indices en faveur de ce lien », a dit à la presse Bruce Aylward, directeur général adjoint de l’OMS.

En attendant, « le virus est considéré comme coupable jusqu’à ce qu’on prouve son innocence », a dit le numéro deux de l’OMS.

Il a expliqué que les chercheurs devraient probablement être en mesure de prouver plus rapidement le lien avec la maladie de Guillain-Barré qu’avec la microcéphalie, car les hausses de cas de ce syndrome apparaissent seulement 3 semaines environ après les épidémies de Zika.

Dans le cas de la microcéphalie, il faudra davantage de temps pour enregistrer un pic chez les bébés nés de femmes infectées à un moment ou à un autre de leur grossesse, a-t-il souligné.

Il n’existe pour l’instant aucun vaccin, ni traitement contre ce virus, mais deux vaccins semblent prometteurs : l’un est développé par l’Institut national de la santé américain et l’autre par le laboratoire indien Bharat Biotech

En attendant, les pays touchés ont déclaré la guerre aux moustiques en essayant de supprimer les poches d’eau stagnante et d’éliminer les larves avec des produits chimiques ou des poissons qui s’en nourrissent.

Pedro Alonso, en charge du programme mondial antimalaria à l’OMS, a annoncé que l’agence allait convoquer une réunion à la mi-mars avec les meilleurs experts du contrôle des vecteurs d’épidémie afin de déterminer si de nouveaux moyens plus radicaux de lutte contre le moustique tigre pourraient être utilisés.