L’Argentine choisit le libéral Macri

Mauricio Macri a célébré dimanche soir sa victoire à l’élection présidentielle et celle de la coalition Cambiemos, qu’il a bâtie autour du parti de droite qu’il a fondé, le PRO, et du parti de centre-gauche UCR.
Photo: Agence France-Presse­ Mauricio Macri a célébré dimanche soir sa victoire à l’élection présidentielle et celle de la coalition Cambiemos, qu’il a bâtie autour du parti de droite qu’il a fondé, le PRO, et du parti de centre-gauche UCR.

Le libéral Mauricio Macri a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle en Argentine et prendra ses fonctions le 10 décembre, mettant fin à 12 ans de gouvernement Kirchner et marquant un virage à droite pour la 3e économie d’Amérique latine.

Après le dépouillement de 72 % des bulletins de vote, le maire de Buenos Aires Mauricio Macri, 56 ans, totalise 53 % des voix, contre 47 % à son adversaire Daniel Scioli, candidat de la coalition de gauche au pouvoir.

La présidente de gauche Cristina Kirchner, à la tête du pays depuis 2007 après avoir succédé à son mari, ne pouvait pas se présenter pour un 3e mandat consécutif, selon la constitution.

Aussitôt après l’annonce des premiers résultats, les partisans du maire de Buenos Aires, réunis au quartier général de la coalition Cambiemos [Changeons, en français] de M. Macri ont exulté et commencé à célébrer la victoire.

« On n’oubliera jamais cette soirée », a déclaré Maria Eugenia Vidal, élue à la surprise générale le 25 octobre gouverneur de la province de Buenos Aires, la plus peuplée du pays, rassemblant 16 des 41 millions d’Argentins. « L’émotion que nous ressentons est inexplicable. C’est le début d’une nouvelle étape », a déclaré Gabriela Michetti, élue vice-présidente.

Les militants du Front pour la victoire (FPV, gauche) de Daniel Scioli et Cristina Kirchner, rassemblés devant le palais présidentiel, faisaient quant à eux triste mine.

«Outsideur » de cette élection, Mauricio Macri a bâti une coalition victorieuse autour du parti de droite qu’il a fondé, le PRO, en associant notamment les radicaux de l’UCR (centre-gauche), un parti historique diminué qui a offert à Cambiemos son réseau national.

 

«C’est une journée historique qui va changer notre vie », avait-il déclaré dimanche matin, avant de voter dans une école de la capitale.

Cet ancien président du club de football de Boca Juniors, le plus prestigieux d’Argentine, promet une rupture avec la politique économique protectionniste menée par les gouvernements de Nestor (2003-2007) et Cristina Kirchner.

Redresser l’économie

Le nouveau président, élu pour un mandat de quatre ans reconductible, aura pour principale mission de redresser l’économie, au bord de la récession, après 10 ans de forte croissance.

Les économistes de Cambiemos préconisent un assouplissement ou une suppression du contrôle de l’accès aux devises étrangères, de la limitation des importations ou des barrières douanières, comptent rompre avec la surévaluation du peso argentin et régler le conflit sur la dette avec des « fonds vautours ».

Daniel Scioli, 58 ans, soutenu par la coalition de gauche de la présidente Cristina Kirchner, se présentait comme le défenseur des plus démunis, des aides sociales accordées par l’administration Kirchner, et s’érigeait en rempart « contre le capitalisme sauvage » incarné selon lui par Mauricio Macri.

Ce dernier avait causé la surprise le 25 octobre lors du 1er tour. Alors que son parti se satisfaisait de sept points de retard sur Daniel Scioli, il avait obtenu 34 % contre 37 % pour le candidat du pouvoir.


« Macri a réussi à incarner le changement. [...] Désormais, il va devoir transformer sa coalition électorale en coalition de gouvernement », note le politologue Mariano Aguas. Sans majorité à la chambre des députés, ni au Sénat, Macri devra tisser des alliances pour gouverner l’Argentine, avec une opposition péroniste détenant la majorité absolue au Sénat et une majorité relative de députés.

Selon le politologue, il peut parvenir à dégager une majorité. « En tenant les caisses de la Nation, il peut convaincre des gouverneurs péronistes qui ont besoin de fonds de l’État pour leur province, qui ordonneront ensuite à leurs députés et sénateurs d’accompagner la politique du gouvernement ».

1 commentaire
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 23 novembre 2015 13 h 12

    Comme je vis depuis 10 ans mes hivers québécois a

    Buenos Aires,la défaite du parti de Christina Fernandez de Kirchner est du a la grande corruption,l'insécurité,l'inflation,la consommation et fabrication de drogues,la volonté de controler les médias surtout écrits,le controle aussi de la Justice en nommant les juges proches du pouvoir et l'augmentation de la pauvreté.Ce nouveau départ du pays est sans doute essentiel pour le sortir des énormes ornieres creusées par cette corruption que plusieurs Argentins acceptaient comme normale:incroyable,n'est-ce pas.Punira-t-on les coupables ?J'espere. J-P.Grisé