La «collectiva femenista»

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
Veronica Zalazar et Angélica Rivas
Photo: Source Interpares Veronica Zalazar et Angélica Rivas

Ce texte fait partie du cahier spécial International

Fruit de l’association de mouvements sociaux et féministes, la collectiva femenista milite à la base pour le développement local économique avec une perspective féministe. Au fil des ans, le travail s’est intensifié et s’est orienté dans plusieurs directions, et Inter Pares contribue plus particulièrement au volet prévention de la violence faite aux femmes.

Inter Pares, qui signifie « entre égaux », est un organisme qui, depuis 40 ans, travaille en collaboration avec plus d’une centaine d’organisations qu’il soutient financièrement. L’organisme, présent en Asie, en Afrique et en Amérique latine, s’applique à créer des échanges et ses actions sont axées sur la souveraineté alimentaire, l’égalité des femmes, la paix et la démocratie, la justice économique, la santé et la migration.

« En 2011, la collectiva femenista, ou le collectif féministe, qui existe depuis déjà une quinzaine d’années, en association avec d’autres groupes de femmes du pays, a réussi à faire approuver par le gouvernement du Salvador une loi spéciale intégrale pour une vie libre de violence. Cette loi vient créer un cadre juridique et légal pour la création de plans pour la prévention de la violence contre les femmes », explique Guillaume Charbonneau, principal responsable du travail avec ses homologues d’Amérique centrale. Le rôle de la collectiva a été d’aller voir les différentes autorités : « Beaucoup de travail a été fait en collaboration avec les autorités municipales, mais aussi avec la police nationale du Salvador, qui reçoit maintenant beaucoup de formation et de sensibilisation à cette question pour créer des plans intégraux et faire en sorte que les femmes qui s’avancent et qui dénoncent leur agresseur n’aient pas à tomber dans le cercle de revictimisation, et que la victime soit au centre du processus », dit Guillaume Charbonneau.

Cinq ans plus tard, qu’en est-il de cette loi et de son application ? « Au Salvador, on vit l’ouverture de plusieurs espaces au niveau politique. Le gouvernement, plutôt de gauche, possède des bases sociales assez fortes, ce qui a permis l’adoption de cette loi et de plusieurs autres initiatives. » Concrètement, on a vu une augmentation des dénonciations d’actes de violence contre les femmes. On l’attribue au fait que de plus en plus de victimes en parlent et qu’elles ont de plus en plus d’espaces où elles peuvent aller de l’avant et les dénoncer.