Une présidentielle débute sur fond de crise

Port-au-Prince — La campagne pour l’élection présidentielle en Haïti a débuté mercredi sur fond de contestation du conseil électoral provisoire, en charge de l’organisation de ce scrutin, par la société civile et des partis politiques.

Cinquante-quatre candidats désireux de succéder à l’actuel président, Michel Martelly, ont été retenus par le conseil électoral provisoire (CEP), un nombre record pour ce pays de 10 millions d’habitants. Parmi eux figurent des hommes politiques, mais aussi beaucoup de personnalités nouvelles. D’anciens sénateurs, des chefs de partis, des avocats connus, un ancien directeur général de la police nationale, un journaliste et aussi une poignée d’inconnus sont en lice pour le premier tour de scrutin prévu le 25 octobre.

La campagne électorale est cependant loin de débuter dans un climat serein. Les élections législatives du 9 août, premier scrutin à Haïti depuis l’arrivée au pouvoir de Michel Martelly en 2011, ont été émaillées de violences et de fraudes. Dans ce pays le plus pauvre des Amériques, les élections législatives du 9 août ont été marquées par une abstention massive, avec seulement 18 % de participation.

Le CEP a décidé de réorganiser le vote dans près d’un quart du pays, mais n’a toujours pas publié les résultats définitifs des circonscriptions où il a été jugé que les incidents n’étaient pas d’ampleur à annuler le vote.

Des doutes

 

Les organisations de la société civile et désormais l’opposition doutent de la capacité du CEP à organiser des élections. « Le CEP est sous l’influence politique de certains secteurs et partis », a dénoncé Pierre Espérance, du réseau national de défense des droits humains.

Le premier parti d’opposition, nommé Vérité, a décidé quant à lui mardi de se retirer du processus, refusant de « cautionner [un] désordre électoral qui va renforcer l’instabilité et la dictature », selon son responsable, Génard Joseph. Difficile de savoir cependant si les militants de Vérité vont suivre ce mot d’ordre, car certains sont en passe d’être élus dès le premier tour.

Mais cette annonce de retrait est un nouveau coup dur pour le CEP, contre lequel quelques centaines de personnes ont encore manifesté dans les rues de la capitale mercredi.

 

Faire campagne dans ce climat de défiance s’annonce donc compliqué pour les 54 prétendants à la présidence, dont le plus grand défi reste de motiver les électeurs.

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