Les pourparlers de paix sont menacés

La Havane — La reprise des hostilités menace-t-elle les pourparlers de paix en Colombie ? La question est pertinente, au point où les quatre pays accompagnant le processus de paix — la Norvège, Cuba, le Chili et le Venezuela — ont appelé mardi le gouvernement et les FARC à une « désescalade urgente » du conflit armé dans le pays, après une recrudescence des hostilités.

Les gouvernements cubain et norvégien, garants du processus de paix, ainsi que ceux du Chili et du Venezuela, en leur qualité d’accompagnants des pourparlers, « lancent un appel aux parties pour une désescalade urgente du conflit armé », selon un communiqué lu devant la presse à La Havane par le diplomate cubain Rodolfo Benitez.

« Nous exhortons les parties à limiter au maximum les actions de tout type qui font des victimes et qui provoquent des souffrances en Colombie, et à intensifier la mise en place de mesures favorisant la consolidation de la confiance » entre les deux camps, a ensuite indiqué la diplomate norvégienne Idun Aarak Tvedt.

Pour les médiateurs, ces mesures « sont essentielles » en vue d’un accord sur trois des six points restant à l’ordre du jour des pourparlers.

Les affrontements

 

Cet appel survient alors que les affrontements armés ont repris de plus belle depuis mi-avril dans le pays sud-américain, dans la foulée d’une embuscade tendue par les FARC à des militaires, qui a fait 11 morts parmi les soldats.

Ce regain de tension suivait une période d’accalmie, à la faveur d’une trêve unilatérale observée par la guérilla d’extrême gauche de décembre à mai.

Depuis, une trentaine de rebelles ont été tués dans des opérations de l’armée et de récentes enquêtes révèlent des réserves au sein de la population sur le bien-fondé du dialogue de paix mené à Cuba depuis novembre 2012.

Ce dialogue est censé mettre fin à un conflit d’un demi-siècle — le plus ancien d’Amérique latine. Après l’avoir longtemps écarté, le gouvernement colombien a ouvert la porte samedi, pour la première fois, à un éventuel cessez-le-feu partagé à certaines conditions.

Mardi encore, deux militaires ont été tués, deux autres blessés et un cinquième porté disparu lors d’attaques contre l’armée attribuées aux FARC.

La première attaque a eu lieu dans la région de Putumayo quand des troupes motorisées, qui escortaient une caravane de 12 camions-citernes de brut, ont été attaquées « avec des engins explosifs improvisés » par le Front 32 Bloc sud des FARC, a indiqué l’armée dans un communiqué.

Un militaire a été tué, deux ont été blessés et un autre est porté disparu, selon la même source.

 

Dans la deuxième attaque, survenue dans la région de Nariño, un autre soldat est décédé, « surpris par des tirs effectués, apparemment, par un tireur isolé de la Colonne mobile Mariscal Sucre des FARC », selon un autre communiqué de l’armée.

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