Obama salue l’appui du Mexique

Washington — Le président américain, Barack Obama, a salué mardi le rôle constructif du Mexique dans la mise en place de sa réforme de l’immigration, annoncée fin novembre, son homologue, Enrique Peña Nieto, louant de son côté une décision courageuse.

« Nous sommes sensibles à l’engagement du Mexique à travailler avec nous pour faire passer un message très clair sur les décisions que j’ai prises pour que les familles qui sont ici depuis longtemps ne soient pas séparées », a déclaré M. Obama à l’issue d’une rencontre avec le président mexicain. M. Obama a annoncé fin novembre une série de mesures offrant à quelque 5 millions de sans-papiers une régularisation temporaire. Selon la Maison-Blanche, les Mexicains représentent les deux-tiers des personnes pouvant bénéficier de ces mesures.

Le président américain a rappelé mardi que ces décisions s’accompagneraient d’une plus grande fermeté aux frontières et a jugé que le gouvernement mexicain avait été très efficace pour faire passer ce message afin d’éviter un afflux de sans-papiers.

À la frontière

Le Mexique et les États-Unis, qui partagent une frontière de 3200 kilomètres, ont par ailleurs travaillé étroitement ensemble l’été dernier lors de l’afflux en provenance d’Amérique centrale de dizaines de milliers de mineurs non accompagnés à la frontière.

Les deux dirigeants ont également évoqué la disparition et le probable massacre de plus de 40 étudiants en septembre à Iguala, dans le sud du pays, qui a ébranlé le Mexique. Critiqué pour avoir tardé à prendre la mesure du drame, M. Peña Nieto a enregistré une sévère chute dans les sondages.

Évoquant une situation « tragique », M. Obama a souligné l’engagement des États-Unis aux côtés du Mexique dans ses efforts pour éliminer la violence et les cartels de la drogue « responsables de tant de tragédies ».

Quelque 90 personnes au total, policiers, narcotrafiquants ou fonctionnaires, ont été arrêtées à ce jour dans cette affaire. Dans une lettre adressée à M. Obama, l’organisation Human Rights Watch avait appelé ce dernier à encourager son homologue mexicain à « prendre cette crise plus au sérieux ».

Concernant Cuba, M. Obama a réaffirmé, comme il l’avait fait mi-décembre lors de l’annonce surprise du rétablissement des relations diplomatiques avec La Havane, que les États-Unis continueraient à insister sur la nécessité du respect des droits de l’homme et des libertés politiques. Évoquant le Sommet des Amériques qui aura lieu en avril au Panama et auquel Cuba participera pour la première fois, le président américain a souligné que son pays insisterait « pour que ces sujets soient à l’ordre du jour ».

Le département d’État a indiqué mardi que Cuba avait libéré « certains des prisonniers » figurant sur une liste de 53 noms que Washington avait soumise à La Havane. « Nous voudrions évidemment que cela soit terminé bientôt », a ajouté la porte-parole du département d’État Jennifer Psaki, sans autre précision de calendrier.