Un Sommet ibéro-américain dans l’ombre des étudiants disparus

Veracruz — Le 24e Sommet ibéro-américain s’est ouvert lundi à Veracruz, dans l’est du Mexique, pays dont l’image s’est effritée depuis la disparition fin septembre de 43 étudiants, probablement massacrés par des narcotrafiquants.

Cette rencontre de deux jours doit réunir les dirigeants de pays latino-américains, de l’Espagne et du Portugal, en l’absence notable cette année de l’Argentine, du Brésil et du Venezuela.

Le Sommet, organisé tous les deux ans, est le premier auquel participe le roi d’Espagne Felipe VI, intronisé en juin. Créé à l’initiative de Madrid en 1991, il a beaucoup perdu en influence : lors de la dernière édition, à Panama, seule la moitié des 22 chefs d’État invités étaient venus.

Son organisation cette année au Mexique intervient alors que le pays est traumatisé par la disparition de 43 étudiants, fin septembre dans l’État du Guerrero (sud). Les craintes que ces jeunes disparus soient tous morts se sont accrues dimanche avec l’identification des restes de l’un d’entre eux, tandis que les familles continuent de dénoncer l’inertie des autorités.

Manifestation

Devant le centre de convention à Veracruz, où se tient le Sommet, une vingtaine de manifestants ont exprimé leur colère lundi portant des t-shirts noirs avec l’inscription «il en manque encore 42, Peña dehors».

Au Mexique les critiques se concentrent notamment sur le président Enrique Peña Nieto, accusé d’avoir tardé à prendre la mesure du drame, et qui traverse sa plus grave crise depuis son accession au pouvoir fin 2012.

Le président péruvien, Ollanta Humala, a, lui, exprimé sa «solidarité avec les familles des victimes», apportant également son «soutien au gouvernement, au président Enrique Peña Nieto, dans son travail pour découvrir la vérité».

Outre M, Humala, les présidents de Colombie, Chili, Equateur, Uruguay et Portugal, ainsi que les principaux dirigeants d’Amérique centrale, sont présents cette année.

En revanche, la présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner est absente, pour raisons de santé. Idem pour son homologue brésilienne Dilma Rousseff, pour cause d’agenda. Le Vénézuélien Nicolas Maduro a dépêché son vice-président à Mexico.

Les absents

Parmi ceux n’ayant pas encore confirmé leur présence : le Bolivien Evo Morales, le Nicaraguayen Daniel Ortega et le Cubain Raul Castro. Ce dernier n’a assisté à aucun sommet ibéro-américain depuis son arrivée à la présidence en 2008.

Le Sommet de Veracruz est centrée sur l’éducation, la culture et l’innovation, dans un contexte de ralentissement économique de la région, qui devrait connaître en 2014 sa croissance la plus faible en cinq ans.

«Il est sûr qu’il y a aujourd’hui des incertitudes mais, si on s’en sort et on surmonte (la situation) avec courage et décision, cette région sera clairement un moteur de la relance économique mondiale», a estimé dimanche le roi Felipe, appelant à «renforcer les liens» entre cette région et l’Espagne.