La grève du métro de São Paulo suspendue

À quelques jours du début de la Coupe du monde de la FIFA, les dirigeants brésiliens sont sur les dents, alors que des affrontements ont de nouveau éclaté entre les forces de l’ordre et les employés du métro de São Paulo, qui ont cependant accepté, lundi soir, de suspendre leur grève. Ils pourraient toutefois reprendre leurs moyens de pression de plus belle dès jeudi, au moment du match d’ouverture à São Paulo.
Photo: Agence France-Presse (photo) Nelson Almeida À quelques jours du début de la Coupe du monde de la FIFA, les dirigeants brésiliens sont sur les dents, alors que des affrontements ont de nouveau éclaté entre les forces de l’ordre et les employés du métro de São Paulo, qui ont cependant accepté, lundi soir, de suspendre leur grève. Ils pourraient toutefois reprendre leurs moyens de pression de plus belle dès jeudi, au moment du match d’ouverture à São Paulo.

Les grévistes du métro de São Paulo ont voté lundi soir la suspension de leur grève au terme d’une autre journée d’affrontements avec les forces de l’ordre. Mais ce n’est que mercredi qu’ils décideront s’ils la reprendront ou non, jeudi, jour du coup d’envoi du Mondial.

« Le [mercredi] 11 juin, nous tiendrons une nouvelle assemblée générale pour décider si nous faisons grève jeudi. Cela dépendra de la réintégration de 42 travailleurs » licenciés pendant le mouvement, a déclaré le président du syndicat des employés du métro, Altino Melo dos Prazeres.

Des affrontements avaient éclaté plus tôt au cœur de São Paulo entre policiers brésiliens et employés du métro en grève.

 

La grève inquiète au plus haut point les dirigeants puisque le métro sera le principal moyen de transport des amateurs qui assisteront jeudi au match d’ouverture entre le Brésil et la Croatie. Le stade se trouve à environ 20 kilomètres à l’est du centre de São Paulo, où la majorité des touristes seront logés.

 

Une centaine de manifestants ont été chassés d’une gare centrale par les gaz lacrymogènes tirés par des policiers antiémeute, plongeant l’heure de pointe de São Paulo dans le chaos pour une cinquième journée de suite.

 

Environ la moitié des stations de métro de la ville étaient ouvertes, mais le service était grandement réduit.

 

Le leader syndical Altino Prazeres a accusé le gouvernement de refuser de négocier tout en rappelant que les grévistes exigent une hausse salariale de 12,2 pour cent, ce que les autorités refusent catégoriquement. Un tribunal du travail a déjà tranché que la hausse devrait être de 8,7 pour cent.

 

Le secrétaire des Transports de l’État de São Paulo, Jurandir Fernandes, a déclaré aux journalistes que 60 des grévistes ont été remerciés, mais le syndicat dit ne rien savoir de ces congédiements.

 

Après avoir été évincés par les policiers lundi, les grévistes se sont dirigés vers le centre de la ville, où environ 400 d’entre eux se sont rassemblés devant l’édifice gouvernemental qui abrite le secrétariat du Travail.

 

Un tribunal du travail de São Paulo a imposé, pendant la fin de semaine, une amende de 175 000 $ US au syndicat pour la première journée de grève. Chaque journée additionnelle de débrayage coûtera 220 000 $ US au syndicat.

  

Tarifs inchangés

 

La compagnie gouvernementale qui gère le métro offre une hausse salariale de 8 % et dit ne pouvoir faire mieux puisque les tarifs n’ont pas été augmentés depuis deux ans.

 

Une augmentation décrétée l’an dernier a été annulée en réponse à des manifestations violentes.

 

Les manifestations antigouvernementales se multiplient depuis un an. Les militants reprochent au gouvernement d’avoir dépensé des milliards de dollars pour accueillir la Coupe du monde pendant que les hôpitaux, les écoles, les forces de l’ordre et les transports sont lourdement sous-financés.

 

Les policiers de plusieurs villes et les enseignants de Rio de Janeiro sont aussi en grève.

 

Inondations

 

Des orages et de fortes pluies qui se sont abattus pendant le week-end sur l’État de Parana (sud du Brésil) ont fait neuf morts et trois disparus et l’état d’urgence a été décrété dans 77 villes, ont indiqué lundi les autorités locales.

 

Curitiba, la capitale du Parana, est l’une des douze villes hôtes du Mondial qui commence jeudi et celle où l’équipe espagnole — arrivée dimanche soir et championne en titre — s’entraîne. Elle est toutefois située à 300 km des régions centre et sud-est, les plus touchées, et n’a pas souffert, selon la défense civile.

 

« Tout le gouvernement est mobilisé pour aider la population en ce moment difficile », a déclaré lundi le gouverneur du Parana, Beto Richa, qui a décrété l’état d’urgence dans 77 villes où plus de 55 000 personnes ont eu leur maison inondée.

 

Il a débloqué six millions de reais (près de 3 millions $CDN) pour que les mairies puissent venir en aide aux sinistrés, faire revenir l’électricité et l’eau potable.

 

La présidente Dilma Rousseff a assuré le gouverneur Beto Richa « de tout l’appui nécessaire pour aider au sauvetage et à l’hébergement des délogés », sur son compte twitter.

 

« La population est mobilisée mais le désespoir est très grand ; les pluies ont touché toutes les couches sociales », a déclaré Cesar Fabris, un habitant de la commune de Rebouças couverte par les eaux, cité par le site G1 de Globo.

 

En conséquence des fortes pluies, le volume d’eau des célèbres chutes de Foz do Iguaçu, à la frontière avec l’Argentine, était 30 fois supérieur à la normale lundi, avec 47,5 millions de litres d’eau par seconde, selon la compagnie Copel. La direction du Parc national d’Iguaçu a interdit l’accès aux passerelles touristiques et les promenades en bateau par mesure de sécurité. Dans l’État voisin de Santa Catarina, 24 villes sont inondées et au moins 16  000 personnes touchées. À Blumenau, le fleuve Itajaï Açu, qui traverse la ville, se trouve dix mètres au-dessus de la normale.

 

Neuf routes sont coupées par les inondations et ont été interdites.

 

Dans l’État du Rio Grande do sul (extrême sud), un cratère de 70 mètres s’est ouvert sur une route en raison de la pluie dimanche et deux voitures ont été englouties mais les passagers n’ont eu que des blessures légères, selon G1.

1 commentaire
  • Denis Beland - Inscrit 10 juin 2014 12 h 07

    Extreme Injustice sociale dans ce pays

    Je crois qu'il y a un vraie problème d'injustice dans ce pays et il est bon de profiter de tel occasion pour rappeler à leur governement qu'il est très important de partager la richesse parmis les Brésiliens. Ce pays est en bonne économie de croissance, mais le problème est que la corruption et l'injustice sociale fait qu' en grande majorité, les Brésiliens vivent sur le seuil de pauvreté. Donc, il faut saisir les bonnes occasions pour sensibiliser ce governement.