Un jour inoubliable pour les Haïtiens

Une croix en souvenir des victimes du séisme a été dressée au sommet d’une colline à Titanyen.
Photo: Jean Marc Herve Abelard Associated Press Une croix en souvenir des victimes du séisme a été dressée au sommet d’une colline à Titanyen.

C’est une journée qui ne peut être oubliée. Même si quatre années se sont déjà écoulées, le 12 janvier 2010 restera à jamais gravé dans la mémoire des membres de la communauté haïtienne de Montréal. Ce jour-là, à 16 h 50 précisément, leur pays d’origine était frappé par un violent séisme de magnitude 7 emportant du coup plus de 300 000 personnes et laissant 1,5 million d’Haïtiens dans la rue.

 

Dimanche après-midi, à la même heure, des dizaines de personnes se sont donc réunies à la Maison d’Haïti à Montréal pour observer une minute de silence à la mémoire des victimes. Dans la salle communautaire, la douleur était perceptible sur les visages. « On a tous été affectés de près ou de loin par ce drame. Il y a très peu de personnes qui n’ont pas été touchées, et le deuil est encore très frais », mentionne Marjorie Villefranche, la directrice de la Maison d’Haïti. « C’est pour ça que c’est important de se réunir parce qu’il ne faut pas rester seuls dans des moments aussi douloureux. On a besoin d’être ensemble pour se soutenir, pour s’épauler et pour ne pas oublier » poursuit-elle.

 

Commémoration

 

À quelques mètres du centre, une messe commémorative avait aussi été organisée à l’église Notre-Dame-d’Haïti à Montréal-Nord. Plus d’une centaine de personnes étaient présentes, dont le maire de Montréal, Denis Coderre.

 

« Le tremblement de terre a eu des effets dévastateurs sur toute la société haïtienne, et nous continuons d’en ressentir les impitoyables contrecoups ici à Montréal. Nous avons tous été touchés par le séisme, ce qui illustre bien le rôle de premier plan que jouent plus de 120 000 Montréalais d’origine haïtienne dans notre ville », a-t-il déclaré.

 

Le maire Coderre a aussi rappelé que des Québécois avaient aussi péri lors du séisme, dont l’ancien politicien Serge Marcil.

 

À Port-au-Prince, les Haïtiens se sont aussi arrêtés dimanche alors que le 12 janvier a été décrété « journée de commémoration et de réflexion. » Partout dans le pays, les drapeaux ont été mis en berne et de nombreuses cérémonies ont été organisées.

 

Situation précaire

 

En matinée, le président, Michel Martelly, et sa femme sont allés déposer une gerbe de fleurs sur le mémorial à Saint-Christophe dans le nord-ouest du pays. « Trente-cinq secondes… c’est le laps de temps dont la date du 12 janvier 2010 avait besoin pour semer les ténèbres sur Haïti. Nous étions tous en larmes, plongés dans la désolation ce jour-là », a rappelé M. Martelly.

 

Depuis quatre ans, le président affirme tout de même que son pays a fait du progrès, mais il reconnaît qu’il y a encore « beaucoup à faire. » Il a d’ailleurs exhorté ses compatriotes à s’unir pour la reconstruction d’Haïti. « Aujourd’hui, nous avons choisi de célébrer la vie. C’est mon mot d’ordre pour faire face aux défis de l’avenir. Nous avançons avec nos moyens dans la reconstruction du pays », a lancé le chef de l’état haïtien avant de dire « qu’Haïti est comme le roseau, il plie, mais ne rompt pas. »

 

De passage à Port-au-Prince pour les cérémonies commémoratives, l’envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti, Michaëlle Jean, a, elle aussi, reconnu que la situation demeurait précaire dans le pays malgré tous les efforts déployés. « C’est extrêmement dur, les gens sont fatigués. Les tentes sont en lambeaux, il n’y a pas d’eau courante. Les sanitaires, n’en parlons pas. On manque de tout. Mais je sais que beaucoup est mis en oeuvre pour sortir ces gens-là de ces situations », a-t-elle expliqué en entrevue à la télévision de Radio-Canada.

 

Encore aujourd’hui, entre 147 000 et 170 000 personnes vivent toujours sous des tentes dans des camps de fortune.