Espionnage - Snowden veut rejoindre Greenwald au Brésil

Edward Snowden
Photo: Agence France-Presse (photo) Edward Snowden

L’ancien consultant des services secrets américains Edward Snowden, à l’origine d’accusations d’espionnage de plusieurs pays par les États-Unis et actuellement réfugié en Russie, veut demander l’asile au Brésil en échange d’informations, a rapporté mardi le journal Folha de S.Paulo.

 

Ce quotidien brésilien a publié une lettre ouverte de Snowden « au peuple brésilien » dans laquelle il explique qu’il est prêt à contribuer aux enquêtes du Sénat brésilien sur ces cas d’espionnage au Brésil. Mais « jusqu’à ce qu’un pays m’octroie l’asile politique permanent, le gouvernement américain va interférer dans ma capacité à parler », prévient-il.

 

Dans cette missive, Snowden ne demande pas directement l’asile mais le journal affirme que son but est de venir au Brésil où est déjà installé le journaliste américain Glenn Greenwald, qui a divulgué par le biais de la presse brésilienne une grande partie des documents fournis par Snowden.

 

« Si le gouvernement brésilien a de la gratitude pour les révélations [de Snowden], il est logique de le protéger », a déclaré récemment Greenwald qui, jusqu’en octobre, travaillait pour le quotidien britannique The Guardian.

 

Mardi, l’organisation non gouvernementale internationale de cybermilitantisme Avaaz a envoyé un communiqué à l’AFP où elle indique qu’une pétition en faveur de la protection de Snowden a déjà été signée par 2600 personnes. Elle est accompagnée de la lettre ouverte de Snowden qui réclame l’aide du peuple brésilien.

 

Le directeur de campagnes d’Avaaz, fondée en 2007, Michael Mohallem, souligne dans le communiqué que « plus de 1,4 million de personnes dans le monde entier soutiennent Snowden pour avoir eu le courage d’exposer les abus choquants commis par les services mondiaux d’intelligence, qui nous espionnent depuis des années ».

 

« Snowden est maintenant isolé en Russie, avec un visa de courte durée. Le Brésil pourrait lui offrir la bienvenue qu’il mérite comme héros », ajoute Mohallem.

 

Cette année, 1,4 million de personnes ont appuyé la campagne d’Avaaz exigeant la fin du programme d’espionnage PRISM et un jugement juste pour Edward Snowden, précise le communiqué.

 

La Russie a accordé pour un an l’asile politique à l’ex-consultant pour un sous-traitant de l’Agence nationale de Sécurité (NSA). Le Brésil a une forte tradition d’octroi de l’asile politique mais ni la présidence du Brésil, ni le ministère des Affaires étrangères, consultés mardi par l’AFP, n’ont voulu faire de commentaires.

3 commentaires
  • Martin Simard - Inscrit 18 décembre 2013 07 h 06

    Si le Québec était indépendant....

    Ce n'est probablement pas une bonne idée d'accorder l'asile à Snowden, peu importe le pays, car il y aurait un prix à payer en termes de relations avec les États-Unis. Mais le Québec n'est pas souverain. Alors imaginez la réaction du Canada anglais si Pauline Marois faisait la déclaration suivante: "Si le Québec était indépendant, nous aurions offert l'asile à monsieur Snowden"...

    Le Canada anglais, qui considère déjà le Québec comme un corps étrangers (et non le contraire, n'en déplaise à monsieur Lisée), serait une fois de plus scandalisé et monterait aux barricades par le biais de la presse torontoise, porte-parole officielle de la conscience collective du ROC.

    Ainsi, et à force d'exaspérer le Canada anglais avec nos histoire d'indépendance, de charte, de langue, et maintenant de Snowden, nos voisins seraient tentés d'EXPULSER ce corps étranger qui les irrite de plus en plus (les sondages montrent une progression de ce sentiment).

    On peut accéder à l'indépendance par différents moyens. La voie référendaire n'est qu'une option. Se faire expulser en est une autre. La seconde étant plus probable que la première à mon avis...

    • André Martin - Inscrit 18 décembre 2013 09 h 12

      RE: Se faire expulser en est une autre...

      Peu importe le moyen, comme dirait l'ami Machiavel. Maisbon, on peut toujours rêver: le Qwebec Bashing est trop utile au ROC, sans parler du kidnapping de plus de la moitié de nos impôts.

  • Georges LeSueur - Inscrit 18 décembre 2013 09 h 16

    Les conséquences...

    Traitre à son pays et à ses employeurs, Edward Snowden est aussi un héros pour tous ceux qui ont appris les sévères ingérences des services spéciaux américains.
    En dénonçant les multiples fautes constatées, il ne peut être assimilé à un espion ; il se veut une sorte de révélateur des vicissitudes d'un système bien établi.
    Il restera un apatride avec une bonne conscience : celle d'avoir alerté l'opinion publique internationale en assumant les risques et conséquences.
    Souhaitons-lui de trouver une terre d'asile où il sera accepté et protégé.