Les chefs d’État du Brésil et du Mexique espionnés par les États-Unis

Le gouvernement brésilien a qualifié lundi d’« inadmissible et inacceptable » un cas présumé d’espionnage de la présidente Dilma Rousseff par les États-Unis.
Photo: Eraldo Peres Associated Press Le gouvernement brésilien a qualifié lundi d’« inadmissible et inacceptable » un cas présumé d’espionnage de la présidente Dilma Rousseff par les États-Unis.

Le Brésil a demandé des explications à l’ambassadeur américain à Brasília au lendemain de nouvelles révélations d’un cas présumé d’espionnage de communications de la présidente Dilma Rousseff par les États-Unis qui pourrait encore porter un coup aux relations entre les deux pays.

 

Le ministère des affaires étrangères a convoqué lundi l’ambassadeur Thomas Shannon pour qu’il s’explique sur cette « atteinte » potentielle à la souveraineté du Brésil.

 

Ce scandale présumé survient deux mois après que Brasília eut demandé des explications à Washington sur des révélations du quotidien O Globo indiquant que le Brésil avait fait partie d’un réseau de 16 bases d’espionnage des services secrets américains.

 

Selon les nouvelles dénonciations diffusées dimanche soir, les États-Unis ont espionné fin 2012 les communications de la présidente brésilienne et du président du Mexique Enrique Peña Nieto, lorsqu’il était candidat à la présidence.

 

« Si ces faits sont avérés, ce serait une situation inadmissible, inacceptable, qui pourrait être qualifiée comme une claire atteinte à la souveraineté de notre pays », a réagi dès dimanche soir le ministre de la Justice Jose Eduardo Cardozo.

 

Dans les nouvelles dénonciations de dimanche, la télévision Globo a bénéficié de la collaboration du journaliste de The Guardian, Glen Greenwald, installé au Brésil, qui a divulgué un document « fuité » par Edward Snowden. Ce dernier est inculpé d’espionnage aux États-Unis pour avoir révélé l’ampleur de la surveillance électronique américaine dans le monde et se cache à présent en Russie.

 

Greenwald a déclaré avoir rencontré Snowden en juin à Hong-Kong, date à laquelle Snowden lui aurait remis le document.

 

Daté de juin 2012 et intitulé « Espionnage de données, étude de cas du Brésil et du Mexique », ce document de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) indique que l’agence cherchait notamment à avoir « une meilleure compréhension des méthodes de communication et des interlocuteurs » de Mme Rousseff et de ses collaborateurs grâce à un programme qui permet d’accéder à tous les contenus visités par la présidente sur Internet.

 

La présidente brésilienne a aussi convoqué lundi une réunion avec plusieurs de ses ministres pour analyser la question.

 

«Nous sommes dans une situation d’urgence en raison de ces accusations d’espionnage», a déclaré avant la réunion le chef de cabinet de la présidence, Gilberto Carvalho.

 

À Mexico, un porte-parole de la présidence interrogé par l’AFP a refusé également de faire un quelconque commentaire pour le moment.

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